Les chiffres de cette page sortent de l’enquête Budget de famille, dont l’INSEE publie les résultats en septembre 2020 dans la collection Insee Résultats. Le tableau utilisé croise deux axes : deux statuts d’occupation du logement, propriétaires et locataires, et cinq quintiles de niveau de vie. Le poste mesuré est la division 04 de la nomenclature, celle du logement, de l’eau, du gaz, de l’électricité et des autres combustibles : loyers d’habitation, une fois déduites les aides au logement, pour la seule résidence principale, puis les charges et autres services, l’eau, l’entretien courant et l’énergie. Le remboursement d’un prêt immobilier, les gros travaux et la fiscalité n’y entrent pas, et la part annoncée se recalcule en rapportant cette ligne au total des dépenses du même groupe.
Trois fois plus de budget chez les locataires
| Statut d’occupation | Logement, eau et énergie | Consommation totale | Part du total |
|---|---|---|---|
| Propriétaires | 2 813 € | 29 579 € | 9,5 % |
| Locataires | 6 975 € | 24 075 € | 29,0 % |
| Ensemble des ménages | 4 454 € | 27 408 € | 16,3 % |
En 2017, un ménage moyen consacrait ces sommes au poste du logement, rapportées au total des dépenses de son groupe. Enquête Budget de famille, tableau TF107, chiffres de l’INSEE.
Les montants ne suffisent pas à lire l’écart. Un ménage locataire engage 6 975 euros par an pour son logement, son chauffage et son eau, un ménage propriétaire 2 813 euros, dans un rapport de 2,5. Rapportées à la consommation totale, ces deux sommes pèsent 29,0 % et 9,5 %, un rapport de 3. Une partie du travail revient donc au dénominateur : le budget annuel d’un locataire, 24 075 euros, est inférieur de 5 504 euros à celui d’un propriétaire, 29 579 euros. Le même décalage se lit sur la part de l’alimentation par statut d’occupation, où les deux groupes se séparent de 3,5 points sur un poste deux fois et demie plus léger.
Le loyer porte l’écart, le chauffage le réduit
| Poste de la division 04 | Propriétaires | Locataires |
|---|---|---|
| Loyers nets des aides au logement | 83 € (0,3 %) | 5 000 € (20,8 %) |
| Électricité, gaz et autres combustibles | 1 637 € (5,5 %) | 917 € (3,8 %) |
| Autres services du logement, eau et charges | 741 € (2,5 %) | 978 € (4,1 %) |
| Travaux courants d’entretien et de réparation | 256 € (0,9 %) | 52 € (0,2 %) |
| Poste du logement entier | 2 813 € (9,5 %) | 6 975 € (29,0 %) |
Détail de la division 04 en 2017, montants annuels moyens d’un ménage et, entre parenthèses, part dans la consommation totale du groupe. Les quatre premières lignes ne rejoignent pas tout à fait la dernière : la division porte aussi une ligne d’autres dépenses d’habitation, 96 euros chez les propriétaires et 29 euros chez les locataires. Source : enquête Budget de famille, résultats 2017, tableau TF107.
Le loyer décide de l’écart. Net des aides au logement et limité à la résidence principale, il vaut 5 000 euros par an chez un locataire, 20,8 % de sa consommation annuelle, contre 83 euros chez un propriétaire, 0,3 %. Les 20,5 points qui séparent ces deux parts dépassent les 19,5 points du poste entier, parce que le chauffage repart dans l’autre sens. L’électricité, le gaz et les autres combustibles coûtent 1 637 euros par an à un propriétaire, 5,5 % de son budget, et 917 euros à un locataire, 3,8 % : 720 euros d’écart, à l’inverse du loyer. L’eau, les ordures et les charges suivent le mouvement du loyer sans en avoir le poids, 978 euros et 4,1 % contre 741 euros et 2,5 %.
Le niveau de vie ne referme l’écart à aucun quintile
| Niveau de vie | Propriétaires | Locataires |
|---|---|---|
| Premier quintile | 11,3 % | 29,3 % |
| Deuxième quintile | 10,6 % | 30,3 % |
| Troisième quintile | 10,3 % | 29,7 % |
| Quatrième quintile | 9,5 % | 27,8 % |
| Cinquième quintile | 8,4 % | 27,4 % |
Ce que le poste du logement prend, en 2017, dans le budget de chaque croisement entre un statut d’occupation et un quintile. Les quintiles partagent l’ensemble des ménages : chaque cellule se lit donc seule, jamais comme la moyenne des cinq autres. Données INSEE, enquête Budget de famille, tableau TF107.
Chez les locataires, la part tient dans une fourchette étroite, de 27,4 % à 30,3 %, avec un point haut au deuxième quintile. Chez les propriétaires, elle descend à chaque marche, de 11,3 % au premier quintile à 8,4 % au cinquième, sans jamais remonter. Aucune des deux séries ne traverse la moyenne nationale, 16,3 % : les cinq points des propriétaires restent en dessous, les cinq points des locataires au-dessus. Le quintile le plus aisé des locataires, 27,4 %, laisse encore au logement plus du double de ce que le quintile le plus modeste des propriétaires y consacre, 11,3 %. L’écart entre les deux courbes va de 17,9 points au premier quintile à 19,6 au deuxième, calculé sur les parts non arrondies.
Ce que le statut d’occupation ne dit pas du jardin
Le tableau s’arrête au budget : il ne dit rien de la place disponible pour cultiver, et un locataire peut avoir un jardin quand un propriétaire n’a qu’un balcon. Le hub chiffre à part le jardinage sur balcon et terrasse et le budget annuel d’un foyer pour son jardin. Le poste du logement se compare aussi par catégorie socioprofessionnelle, où les autres inactifs montent à 24,1 %. Faute de cour, une jardinière de balcon ou un kit d’arrosage au goutte-à-goutte suffisent à faire pousser quelques plants.
Repères. Les euros sont des totaux moyens par ménage sur l’année, arrondis, et les taux sont des rapports recalculés, si bien que le dernier dixième peut bouger. Les deux groupes publiés ne forment pas une partition : la somme des propriétaires et des locataires dépasse la consommation totale de l’ensemble, de sorte que la part d’un statut se lit seule, jamais comme le complément de l’autre. Le loyer retenu exclut les aides au logement et ne concerne que la résidence principale. Ces données décrivent 2017 : elles comparent deux statuts à une même date, pas le coût du logement d’aujourd’hui. Le remboursement d’un prêt immobilier, qui n’entre pas dans ce poste, pèse par ailleurs sur le budget des propriétaires accédants sans apparaître ici.