Le document de référence est le tableau TF105 de l’enquête Budget de famille, mis en ligne en septembre 2020 et portant sur l’année 2017. Il classe les foyers en cinq profils et affiche, pour chacun, une dépense annuelle moyenne. Deux de ses lignes servent ici : la division 04, intitulée logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles, et la ligne de total de la consommation, tenue selon le champ de la comptabilité nationale. Le rapport entre les deux est donc un calcul, pas une donnée publiée telle quelle. Les remboursements d’emprunt immobilier, les gros travaux, les impôts et les cadeaux figurent dans une division 13 baptisée « hors champ de la consommation » : ils ne comptent ni dans le poste, ni dans le total auquel il se rapporte.
Près de douze points entre une personne seule et un couple avec enfants
| Type de foyer | Dépense totale | Logement, eau, énergie | Poids dans la dépense totale |
|---|---|---|---|
| Personnes seules | 17 314 € | 4 190 € | 24,2 % |
| Familles monoparentales | 23 908 € | 4 717 € | 19,7 % |
| Autres ménages | 29 539 € | 5 173 € | 17,5 % |
| Ensemble des ménages | 27 408 € | 4 454 € | 16,3 % |
| Couples sans enfant | 30 756 € | 4 269 € | 13,9 % |
| Couples avec enfants | 38 453 € | 4 820 € | 12,5 % |
Montants moyens annuels par foyer en 2017, du poids le plus lourd au plus léger. Chaque pourcentage est le rapport de la colonne logement à la dépense totale de la même ligne, recalculé colonne par colonne. Source : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF105.
Le classement par poids n’est pas le classement par montant. La personne seule se loge, s’approvisionne en eau et se chauffe pour 4 190 euros sur l’année, quand le couple avec enfants y met 4 820 euros, soit 630 euros de plus, alors que son budget de foyer dépasse le double du sien. Le poste ne suit donc pas la croissance du budget : il avance de quelques centaines d’euros quand le total double, et sa part se réduit d’autant. À l’autre bout, les familles monoparentales se situent à 19,7 %, tout près des personnes seules malgré un budget supérieur de près de 6 600 euros.
Ce que recouvrent les 4 454 euros d’un ménage moyen
| Poste | Dépense annuelle moyenne | Part du poste logement |
|---|---|---|
| Loyers d’habitation, nets des aides au logement | 2 022 € | 45,4 % |
| Électricité, gaz et autres combustibles | 1 353 € | 30,4 % |
| Eau, ordures, assainissement et charges collectives | 834 € | 18,7 % |
| Travaux courants d’entretien et de réparation | 176 € | 4,0 % |
| Autres dépenses d’habitation | 70 € | 1,6 % |
Décomposition du poste pour l’ensemble des foyers en 2017. Chaque part rapporte un sous-poste aux 4 454 euros de la division entière. Source : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF105.
Le loyer tient près de la moitié du poste, l’énergie près d’un tiers, et l’eau potable ne pèse que 256 euros sur les 834 euros de charges et de services. Un point de méthode compte pour lire la première ligne : la moyenne est prise sur tout le profil, propriétaires compris, et le tableau ne ventile rien par statut d’occupation. Un profil où la propriété est plus répandue affiche donc un loyer moyen plus bas sans que ses locataires paient moins. C’est le cas des couples sans enfant, à 1 534 euros, le montant le plus faible des cinq, quand les autres ménages montent à 2 536 euros. L’énergie, elle, suit le nombre d’occupants et la surface : 1 000 euros pour une personne seule, 1 639 euros pour un couple avec enfants.
Ce que ces parts laissent au jardin
Le logement se paie avant tout le reste : un bail ou un prêt l’engage sur l’année, quand l’outillage et les plantes se décident saison par saison. Les deux montants sortent de la même enquête, 4 454 euros pour se loger contre 208 euros pour l’outillage, et le second se lit dans ce que le premier laisse. Ce que le jardin coûte à un foyer sur une année détaille ce poste, tandis que la même mécanique du côté de l’assiette montre comment l’alimentation recule quand le foyer s’agrandit.
Deux repères. Les parts sont recalculées ligne à ligne, jamais lues dans une colonne du tableau : la somme des cinq sous-postes du logement atteint 4 455 euros quand la division entière en affiche 4 454, l’écart d’un euro venant des arrondis. Le millésime, lui, est 2017 : depuis, les prix de l’énergie ont grimpé, si bien que ces pourcentages décrivent un partage d’il y a neuf ans, pas les factures du jour.