La banque nationale des ventes réalisées par les distributeurs enregistre les quantités de substances actives vendues en France, hors adjuvants, à partir des déclarations des distributeurs. Elle répartit ces produits en deux catégories d’usage : ceux homologués pour l’emploi autorisé dans les jardins, dits EAJ, et ceux homologués pour l’emploi non autorisé dans les jardins, dits non EAJ. Seules les personnes justifiant de leur statut d’utilisateur professionnel peuvent acheter un produit non EAJ. La part des ventes en EAJ mesure donc ce qui reste à la portée d’un particulier.
Une part divisée par sept en quatorze ans
Part des substances actives vendues en France entrant dans des produits à emploi autorisé dans les jardins. Source : SDES, notice méthodologique de juin 2025 pour 2009 et 2023, Datalab Essentiel n° 172 d’avril 2019 pour 2017.
La bascule date du 1er janvier 2019 : depuis cette date, la vente de produits phytopharmaceutiques aux particuliers est interdite, sauf pour les produits de biocontrôle, ceux autorisés en agriculture biologique et ceux qualifiés de faible risque, étiquetés EAJ. Avant la mesure, la catégorie pesait déjà dans certains rayons : le Datalab du SDES d’avril 2019 relève qu’en 2017, 245 produits phytopharmaceutiques contenaient du glyphosate, dont 106 portaient la mention EAJ, pour 1 200 tonnes, soit 14 % des ventes totales de glyphosate.
Le reste des ventes ne concerne pas les jardins. En 2023, les herbicides représentaient presque la moitié des quantités de substances actives vendues en France, tous usages confondus : ces volumes se jouent à l’échelle des exploitations et des collectivités, pas des potagers.
Ce que le NODU non agricole mesure de son côté
| Indicateur | 2009 | 2020 |
|---|---|---|
| NODU des zones non agricoles | 1 694 519 ha | 130 736 ha |
| dont usages amateurs | 1 104 758 ha, soit 65 % | 41 953 ha, soit 32 % |
Le NODU, nombre de doses unités, mesure l’intensité des utilisations en hectares, et non des volumes vendus. Il couvre les jardins, les espaces verts et les infrastructures, usages professionnels et amateurs compris. Source : ministère de l’Agriculture, d’après la banque nationale des ventes.
Le NODU non agricole a reculé de 92 % entre 2009 et 2020, à 130 736 hectares. Dans ce total, la part des usages amateurs est passée de 65 % à 32 % : les jardins pèsent encore près d’un tiers d’un volume qui a lui-même fondu. Cette mesure n’est pas un tonnage, elle rapporte des doses appliquées à des surfaces, ce qui explique qu’elle évolue différemment de la part des ventes en EAJ.
Ce que ça change au jardin
Pour un particulier, la question n’est plus ce que propose le rayon mais ce qui reste autorisé : savon noir, bouillie bordelaise, pièges, filets et paillages. Notre fiche sur les pesticides encore employés par les jardiniers amateurs donne la part de ceux qui en utilisent encore et l’origine de ces produits. Au potager, le filet anti-insecte remplace les insecticides, et la toile de paillage non tissée tient les herbes sans herbicide.