Tout part du programme CiTIQUE, une recherche participative portée par INRAE au laboratoire Tous Chercheurs de Nancy, lancée en juillet 2017 avec l’Anses, le CPIE Nancy-Champenoux et l’université de Lorraine. Le principe : chacun signale sa piqûre sur le site ou dans l’application Signalement TIQUE, et peut envoyer la tique qui l’a piqué au laboratoire, où elle est identifiée et analysée. Ce ne sont donc pas des piqûres comptées par un institut, mais des piqûres déclarées par le public. Un signalement suppose deux choses en plus de la piqûre : connaître le programme et prendre le temps de le signaler.
Une piqûre sur trois déclarée sur son lieu de résidence
CiTIQUE demande à chaque personne qui signale une piqûre dans quel lieu elle se trouvait. Sur la période de juillet 2017 à novembre 2019, 48 % déclaraient la forêt, 29 % un parc ou un jardin et 33 % leur lieu de résidence. Ces déclarations ne s’additionnent pas : un jardin privé est aussi un lieu de résidence, et ces parts ne couvrent pas 100 % des signalements. Le programme en tire un message de prévention, le risque ne se joue pas seulement en grande randonnée, mais aussi dans les espaces verts du quotidien et à la maison.
| Lieu déclaré de la piqûre | Part des personnes ayant signalé une piqûre |
|---|---|
| Forêt | 48 % |
| Parc ou jardin | 29 % |
| Lieu de résidence | 33 % |
Réponses déclarées par les personnes ayant signalé une piqûre à CiTIQUE entre juillet 2017 et novembre 2019. Les questions sur la forêt, le parc ou jardin et le lieu de résidence sont posées séparément : les parts ne s’additionnent pas et ne totalisent pas 100 %.
Le programme a changé d’échelle depuis. Dans son bilan publié en avril 2025, INRAE compte 104 000 signalements depuis 2017, dont 11 000 pour la seule année 2024, et plus de 60 000 tiques reçues au laboratoire Tous Chercheurs de Nancy. Parmi ces signalements, 75 % concernent des piqûres sur des humains, 35 % de femmes et 38 % d’hommes, et 25 % des piqûres sur des animaux.
Les enfants, et le tout début du printemps
Deux constats ressortent des analyses. Le premier porte sur l’âge : après pondération par la population de chaque tranche d’âge, les signalements de piqûres sont 2 à 3 fois plus nombreux chez les enfants que la moyenne nationale, en particulier chez les 0 à 5 ans. Le second porte sur la date. En Grand Est, sur la période 2018-2024, les tiques envoyées au laboratoire après une piqûre de mars à mai étaient proportionnellement plus souvent gorgées de sang que celles piquées plus tard dans l’année, ce qui suggère qu’elles ont été retirées plus de 24 heures après la piqûre. INRAE en déduit un manque de vigilance en mars et avril, avant le pic d’activité de mai et juin.
Le Grand Est, première région pour les signalements rapportés à la population
| Région | Signalements pour 100 000 habitants, 2017-2019 |
|---|---|
| Grand Est | 61,4 |
| Bourgogne-Franche-Comté | 56,0 |
| Pays de la Loire | 18,9 |
| Île-de-France | 15,2 |
Densité des signalements de piqûres chez l’humain, rapportée à la population de chaque région, de juillet 2017 au 31 décembre 2019. CiTIQUE prévient que cette carte ne mesure pas la densité des tiques : un nombre élevé de signalements peut venir d’une population plus dense ou d’une communication plus large sur le programme.
Le jardin n’est donc pas un espace neutre. Le geste qui compte tient en une phrase : retirer une tique fixée sans attendre, avec un crochet ou une pince fine, plutôt que de la laisser en place plus de 24 heures. Pour les maladies qu’une tique peut transmettre et les précautions à prendre saison par saison, la borréliose de Lyme en chiffres détaille le tableau. Pour situer ce risque à côté des autres dangers du jardin, voir les accidents de jardinage et le nombre de foyers concernés.