Météo-France recense les tempêtes qui touchent l’Hexagone et la Corse à partir des mesures fiables de vent fort, disponibles depuis le début des années 1980. Le compte n’est pas régulier : plus de 15 événements ont touché le territoire lors des années les plus tempétueuses, en 1981, 1984 et 1988, puis en 2017, 2019 et 2020, contre 1 à 3 événements par an lors des années les plus calmes, au début des années 2000. Une année ordinaire se situe entre ces deux extrêmes, sans qu’aucun chiffre de référence ne décrive l’année en cours.
Ce que le mot tempête recouvre
Une tempête est une zone étendue de vents violents générés aux moyennes latitudes par une dépression, autrement dit un système de basses pressions. Sa sévérité ne se lit pas seulement à la rafale la plus forte : Météo-France prend aussi en compte la durée de l’événement et la surface balayée par les rafales supérieures à 100 km/h. À l’échelle nationale, une tempête qualifiée de majeure affecte plus de 10 % du territoire.
| Terme | Ce que le seuil recouvre |
|---|---|
| Vent violent, en météorologie | Vents de force 10 à 12 sur l’échelle de Beaufort, soit des vents moyens d’au moins 89 km/h |
| Garantie tempête, en assurance | Rafales supérieures à 100 km/h, la référence du langage courant |
| Rafale | Vent instantané dépassant le vent moyen de plus de 10 nœuds, soit 18 km/h |
| Vent instantané et vent moyen | Mesure sur 3 secondes pour l’un, moyenne calculée sur 10 minutes pour l’autre |
| Tempête majeure, à l’échelle nationale | Plus de 10 % du territoire touché par les vents les plus forts |
Seuils retenus par Météo-France pour qualifier le vent et les tempêtes. Un même coup de vent peut ainsi compter comme tempête pour un assureur et pas pour un météorologue.
Deux familles de tempêtes, deux géographies
Les tempêtes océaniques arrivent par l’ouest : les régions les plus exposées se situent entre les Pays de la Loire et la Normandie, rejointes à un degré moindre par le Poitou-Charentes et par une zone qui s’étend de l’Île-de-France au Nord et à l’Alsace. Le Sud-Ouest est moins souvent touché, et l’intérieur des terres l’est rarement. Les tempêtes méditerranéennes concernent surtout le Sud-Est et le Massif central, avec des débordements possibles sur les régions voisines : souvent plus durables que les océaniques, elles peuvent occasionner de gros dégâts.
Rafales maximales enregistrées lors de tempêtes de référence, d’après Météo-France. La longueur des barres est proportionnelle à la rafale, la plus forte valant 100 %.
Toutes les tempêtes fortes ne se valent pas pour autant. Météo-France distingue, pour la surface touchée par des vents supérieurs à 160 km/h, « l’ouragan » de 1987, la tempête de novembre 1982 et celles de décembre 1999 : environ 3 % du territoire pour trois d’entre elles, et 6 % pour la seule tempête Martin. Xynthia, en février 2010, a balayé une zone de vents supérieurs à 100 km/h plus vaste encore que celle de Martin, pour une zone de vents les plus forts beaucoup plus restreinte. Lothar reste, depuis 1980, la tempête la plus sévère connue en France, et Ciarán, en novembre 2023, la plus sévère sur la Bretagne depuis l’ouragan de 1987.
Une activité en dents de scie, sans tendance
La série ne dessine pas une pente mais trois temps : une forte activité dans les années 1980, notamment de 1986 à 1990, une faible activité dans les années 2000, notamment de 2000 à 2005, et une reprise ces dernières années. Sur l’ensemble de la période, Météo-France n’observe pas de tendance significative du nombre de tempêtes affectant le territoire métropolitain, et aucun signal n’apparaît sur l’évolution de l’intensité des vents forts. Le dernier rapport du GIEC reste prudent : il n’attend une hausse de la fréquence et de l’amplitude des tempêtes que dans le nord de l’Europe, pour un réchauffement de 2 °C ou plus dans ces régions.
Ce qui évolue déjà en France tient à d’autres paramètres de la tempête que le vent : la hausse du niveau marin et des pluies plus intenses rendent ses impacts potentiellement plus violents, en particulier sur un littoral bas.
Pour le jardin, la conséquence tient moins au nombre qu’à la date et à la pointe de vent : une tempête d’automne ne trouve pas les mêmes arbres qu’une tempête d’hiver, et c’est la rafale maximale, pas la moyenne, qui couche une culture. Le régime de pluie qui accompagne ces passages est détaillé dans les jours de pluie par an en France, et l’autre phénomène de saison qui abîme les cultures dans les jours de grêle et les dégâts aux cultures. Pour ce qui bouge vraiment dans nos saisons, voir l’adaptation du jardin au changement climatique.