Ce volume ne traverse aucun réseau ni aucune station de potabilisation : il sort directement de la nappe. France Stratégie l’estime en croisant le nombre de forages en service avec les volumes relevés sur le terrain. Ces ouvrages servent d’abord aux usages extérieurs, l’arrosage des jardins et le remplissage des piscines, précise le BRGM. La note ne répartit pas ce total entre ces usages : nous ne publions donc aucune part propre au jardin.
Pourquoi ces forages échappent aux statistiques
La Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau ne recense que les prélèvements supérieurs à 10 000 m³ par an, seuil ramené à 7 000 m³ en zone de répartition des eaux. Un forage domestique prélève quelques centaines de m³ par an, très en dessous : l’estimation du BRGM sur le secteur de l’Est lyonnais retient 200 à 300 m³ par an et par ouvrage. Ces forages restent donc hors du compte, et la déclaration en mairie prévue depuis 2008 n’est guère suivie : France Stratégie estime qu’un forage sur cinquante seulement est déclaré.
Ce qu’un forage prélève, et ce qu’un jardin demande
| Repère | Volume | Source |
|---|---|---|
| Prélèvement annuel d’un forage domestique | 200 à 300 m³ | BRGM, Est lyonnais, 2012 |
| Arrosage d’une pelouse de 100 m² en climat méditerranéen | 58 m³ par an | BRGM, 2012 |
| La même pelouse, référence des années 1990 | 20 m³ par an | enquête CIEAU 1995, citée par le BRGM |
Des repères locaux, pas des moyennes nationales : le rapport du BRGM les confronte entre eux et les rattache à des enquêtes de terrain.
Ces prélèvements se concentrent de juin à août et dans le sud de la France, note France Stratégie, ce qui les rend d’autant plus susceptibles de peser sur des situations de déséquilibre quantitatif. Le BRGM précise que les puits et forages sont généralement en service de mai à octobre, sept mois par an. Pour situer l’ensemble, l’eau potable prélevée pour l’usage domestique, forages compris, représente 4,4 milliards de m³ en 2020, soit 67 m³ par habitant.
Ce que ça change pour votre jardin
Un forage ne se justifie pas par le seul arrosage : il demande un ouvrage, une pompe et un entretien. Avant d’y songer, le plus utile est de mesurer ce que votre jardin réclame : notre calculateur du besoin en eau d’arrosage donne le déficit climatique mois par mois, département par département. Pour stocker la pluie du toit plutôt que de pomper la nappe, le calculateur de récupérateur d’eau de pluie fait le bilan d’une cuve sur l’année.
Côté réseau, notre fiche L’eau d’arrosage des jardins chiffre ce que l’arrosage pèse chez un foyer raccordé, et pourquoi aucune part nationale du jardinage amateur n’est publiée.
Source principale : France Stratégie, Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et quels usages ?, note d’analyse n° 136, avril 2024, calculs menés à partir de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau et de la synthèse du SDES de 2023. Les volumes par forage et le besoin d’arrosage d’une pelouse viennent de la synthèse méthodologique du BRGM de décembre 2012. Le SDES cite de son côté l’emploi de forages privés pour l’arrosage des jardins parmi les facteurs qui font monter la consommation d’eau potable d’un territoire, dans une page publiée en décembre 2025.