Ces repères viennent d’une étude prospective commandée par l’Union professionnelle du génie écologique, avec le soutien de France 2030, et publiée en juin 2023 : elle projette à horizon 2030 les emplois et les compétences du secteur. Les auteurs y recensent les certifications qui mènent à ces métiers, du bac professionnel au master, puis rapprochent leurs effectifs des recrutements annoncés par les employeurs. Le périmètre retenu est celui des cursus qui ont un minimum d’ancienneté : les titres professionnels créés en 2022, le certificat de spécialisation et le mastère spécialisé du secteur comptent encore trop peu de personnes formées pour être consolidés.
Trois familles de cursus, trois profils
Les 3 700 diplômés se répartissent à gros traits par tiers entre le bac professionnel, le BTSA et les différents masters. Près de la moitié des 2 861 sortants sont diplômés du BTSA Gestion et protection de la nature, le plus fourni des cursus recensés. Les masters et la licence professionnelle alimentent surtout les métiers des études, quand le bac professionnel et les titres de technicien visent d’abord les chantiers. Le secteur des travaux recrute du reste une partie de ses profils sur des cursus généralistes, faute d’offre spécifique.
| Cursus de formation | Sortants en 2022 | Métiers visés |
|---|---|---|
| Masters écologie et gestion de l’environnement | 589 | Ingénieurs écologues, chefs de projet |
| Licence professionnelle Protection de la nature et gestion de l’environnement | 65 | Chargés d’études, techniciens naturalistes |
| BTSA Gestion et protection de la nature | 1 292 | Techniciens des travaux |
| Bac professionnel GMNF | 915 | Ouvriers, conducteurs d’engins |
Principaux cursus de formation aux métiers du génie écologique, sortants de 2022 et métiers visés, étude prospective UPGE pour France 2030, traitements Terre d’Avance à partir de l’enquête de mars 2023 et des données Céreq et Inserjeunes 2022.
Une progression plus lente que celle des emplois
Le nombre de personnes formées augmente chaque année, mais pas au rythme du secteur. Là où les emplois du génie écologique progressaient de 93 % en six ans, les effectifs formés dans les cursus du secteur n’avançaient que de 25 % en cinq ans. Rapportés aux 6 700 nouveaux entrants que le secteur estime devoir recruter chaque année d’ici 2030, les 2 861 sortants de 2022 laissent donc un large écart : le vivier de candidats s’élargit, mais moins vite que les postes à pourvoir. Les besoins les plus forts portent sur les ingénieurs écologues et les chefs de projet recherchés dans les études, où les entreprises observent déjà une pénurie de candidats, et sur les techniciens et ouvriers des chantiers.
Des attentes qui portent aussi sur le contenu
- Développer les connaissances naturalistes, de l’identification de la faune et de la flore à la compréhension des écosystèmes, avec une spécialisation sur un taxon ou un milieu dès les années d’études.
- Mieux comprendre le fonctionnement des marchés : les réglementations qui portent l’activité de génie écologique et le rôle de chaque structure dans un projet.
- Travailler plus concrètement la conception d’un projet de restauration écologique, la rédaction d’un cahier des charges et les méthodologies Éviter, Réduire, Compenser.
- Côté chantiers, la conduite d’engins adaptés et la maîtrise de certaines technologies, à la charnière de la formation initiale et de la formation continue.
Ce que ce vivier change pour un jardin
Ces volumes décrivent un vivier de recrutement, pas les jardins eux-mêmes, mais ils éclairent deux choses utiles pour un particulier. D’un côté, la montée en compétence naturaliste de la filière irrigue aussi les interventions sur le terrain. De l’autre, la tension de recrutement qui pèse sur les chantiers explique une partie des délais et des arbitrages d’une entreprise. Pour situer ce vivier dans le secteur, notre fiche sur le poids et les acteurs du génie écologique donne ses effectifs et son chiffre d’affaires, et celle sur la formation continue dans les entreprises du paysage montre comment les salariés déjà en poste se forment de leur côté.