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La part des substances utilisables en bio ou en biocontrôle dans les ventes de phytos

Deux ensembles se partagent les substances actives mises sur le marché français : celles utilisables en agriculture biologique ou en biocontrôle, et les conventionnelles. Les tonnages et la part de la première catégorie se lisent année après année depuis 2010.

En bref

Quelle part des substances vendues en France est utilisable en agriculture biologique ou en biocontrôle ?

En 2023, 23 800 tonnes de substances actives utilisables en agriculture biologique ou en biocontrôle ont été vendues en France, contre 10 300 tonnes en 2010 et près de 26 000 tonnes en 2021. La part des substances conventionnelles, le reste des ventes, est passée de 83 % à 64 % sur la même période, selon le SDES.

23 800 t
de substances utilisables en agriculture biologique ou en biocontrôle vendues en France en 2023

La banque nationale des ventes, alimentée par les déclarations des distributeurs, recense les substances actives mises sur le marché français, hors adjuvants. La publication du SDES de juin 2025 les sépare en deux ensembles : celles utilisables en agriculture biologique, dites UAB, ou relevant du biocontrôle, et toutes les autres, dites conventionnelles. Être UAB signifie que l’usage du produit est autorisé en agriculture biologique : cela ne le réserve pas à cette agriculture, et tout ce qui est vendu ne l’est pas pour des parcelles conduites en bio.

Une catégorie qui a plus que doublé depuis 2010

201010 300 t
2021près de 26 000 t
202323 800 t

Substances actives utilisables en agriculture biologique ou en biocontrôle vendues en France, en tonnes. Source : SDES, d’après la banque nationale des ventes, juin 2025.

Les ventes de ces substances ont augmenté sans interruption depuis le début des années 2010, passant de 10 300 tonnes en 2010 à près de 26 000 tonnes en 2021. Elles reculent depuis, de 8 % entre 2021 et 2023, pour s’établir à 23 800 tonnes. En regard, les substances conventionnelles sont passées de 52 200 tonnes en moyenne annuelle sur 2010-2019 à 42 900 tonnes sur 2020-2023, et leur part des ventes de 83 % à 64 %.

Sur des moyennes triennales, qui lissent les achats anticipés et les effets de stockage d’une année sur l’autre, les ventes de substances n’entrant ni dans les usages de l’agriculture biologique ni dans le biocontrôle ont reculé de 18 % entre 2009-2011 et 2021-2023.

Fongicides et insecticides d’abord

Famille de substances2009-20112021-2023
Fongicides, bactéricides, virucides34 %66 %
Insecticides, acaricides, nématicides33 %85 %

Part des ventes de chaque famille assurée par des substances utilisables en bio ou en biocontrôle, en moyenne triennale. Source : SDES, d’après la banque nationale des ventes, juin 2025.

En 2023, les ventes de produits UAB ou de biocontrôle sont constituées à 73 % de fongicides et à 23 % d’insecticides, les herbicides comptant pour 3 % et les régulateurs de croissance pour 1 %. L’explication tient à la biologie : les maladies fongiques et les ravageurs se combattent par des prédateurs, des agents microbiologiques ou des huiles, tandis que les adventices restent difficiles à maîtriser sans herbicide. Dans les ventes de substances conventionnelles, les herbicides occupent ainsi 68 % des tonnages en moyenne sur 2021-2023, contre 53 % sur 2009-2011.

Ce que le tonnage ne dit pas

La quantité de substances actives agrège des matières dont l’efficacité varie beaucoup à poids égal. Le SDES le rappelle dans sa propre mise en garde : les insecticides de biocontrôle sont souvent des huiles, paraffinique, de vaseline ou de colza, biodégradables et sans résistance induite, mais qui s’emploient en quantités importantes pour être efficaces. Un tonnage de substances UAB ou de biocontrôle qui monte peut donc accompagner une baisse de la toxicité, il ne la prouve pas.

La toxicité se lit sur un autre jeu de données de la même publication. La part des substances classées cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques dans l’ensemble des ventes est passée de 32 % en 2010 à 16 % en 2023, de 19 500 à 10 300 tonnes, et de 38 % à 24 % si l’on ne considère que les substances hors agriculture biologique et biocontrôle.

Ce que ça change au jardin

Ces chiffres couvrent la France entière et tous les usages : ils ne décrivent pas ce qui est employé au potager. La part des ventes qui revient aux jardins a sa propre fiche, comme ce que les particuliers utilisent encore. Pour couvrir les cultures sans traitement, deux gestes simples suffisent : un filet posé sur le rang contre les insectes, et une toile qui tient les herbes au pied des plants.

Chiffres du SDES, service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique, « État des lieux des ventes et des achats de produits phytopharmaceutiques en France en 2023 », juin 2025, d’après la banque nationale des ventes. Champ : France entière, substances actives hors adjuvants.

Questions fréquentes

Que veut dire UAB ?
Utilisable en agriculture biologique. C’est une propriété du produit, pas de l’exploitation qui l’achète : une substance UAB peut aussi être employée sur des parcelles conduites de façon conventionnelle. En 2023, 23 800 tonnes de substances UAB ou de biocontrôle ont été vendues en France.
Les ventes de substances utilisables en bio reculent-elles ?
Elles ont augmenté sans interruption depuis le début des années 2010, de 10 300 tonnes en 2010 à près de 26 000 tonnes en 2021, avant de baisser de 8 % entre 2021 et 2023 pour atteindre 23 800 tonnes en 2023.
Ces substances remplacent-elles les pesticides de synthèse ?
En partie. En moyenne sur 2021-2023, elles assurent 66 % des ventes de fongicides et 85 % des ventes d’insecticides, contre 34 % et 33 % sur 2009-2011. Les herbicides restent à l’écart, faute d’alternative biologique efficace : ils forment 68 % des tonnages conventionnels sur 2021-2023.
Un tonnage plus élevé signifie-t-il moins de toxicité ?
Non, pas à lui seul. L’indicateur pèse des substances d’efficacité très différente à poids égal, et les huiles de biocontrôle s’emploient en grandes quantités. La part des substances classées cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques, elle, est passée de 32 % à 16 % des ventes entre 2010 et 2023.

Sources

  1. SDES, service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique, État des lieux des ventes et des achats de produits phytosanitaires en France en 2023 : quantités de substances actives vendues et part des herbicides, données 2023, publication de juin 2025.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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