Le tri des déchets alimentaires se joue en trois familles : les épluchures, restes de repas, fruits et légumes abîmés, marc de café, feuilles de thé ; les restes de viande et de poisson ; les mouchoirs, essuie-tout et serviettes en papier utilisés. L’enquête nationale de l’ADEME sur le tri à la source des biodéchets a demandé séparément, sur un panel de 1 023 personnes représentatives de la métropole interrogées en janvier 2024, ce que chacune devenait. Puis le rapport a recoupé les trois réponses pour compter les personnes qui les trient toutes, page 24.
Tout ou partie, sans entre-deux
Part des répondants triant l’ensemble de leurs déchets organiques, figure 38 page 24. Source : enquête ADEME et Qualitest, édition avril 2025.
La planche est un camembert à deux parts : 13,2 % en oui, 86,8 % en non. Le rapport le commente d’une phrase, « seuls 13,2 % des répondants trient l’ensemble de leurs déchets biodégradables ». Autrement dit, l’écart entre trier un peu et trier tout est large : la grande majorité des personnes qui ont adopté le geste l’appliquent à une partie seulement de leurs déchets organiques.
Les deux familles qui restent au bord du chemin
Le rapport donne le détail par famille sur le même groupe de trieurs, et il explique l’écart. Les restes de viande et de poisson d’abord : 37,6 % repartent avec les ordures ménagères, alors même que les épluchures sont triées, comme le détaille le devenir des déchets carnés. Les papiers usagés ensuite : plus de la moitié des trieurs jettent leurs mouchoirs, essuie-tout et serviettes dans la poubelle classique, et 15,7 % seulement les compostent. Ce sont ces deux familles qui séparent un tri partiel d’un tri complet.
- Épluchures, restes de repas, fruits et légumes abîmés, marc de café, feuilles de thé : la famille la mieux triée, compostée par près de deux trieurs sur trois.
- Restes de viande et de poisson : refusés ou déconseillés par certaines consignes de compostage, encore jetés à la poubelle classique par 37,6 % des trieurs.
- Mouchoirs, essuie-tout et serviettes en papier utilisés : la famille la moins triée, plus de la moitié part à la poubelle classique.
La figure 38 ne décrit pas les Français dans leur ensemble. Sa planche restreint la mesure aux personnes qui trient déjà leurs déchets alimentaires et qui ne mêlent pas leurs épluchures aux ordures ménagères, la même base que les figures 35 à 37. Le rapport chiffre ce groupe à 56,1 % de son échantillon (figure 33, page 22), après avoir écarté les personnes qui déclarent trier tout en jetant leurs épluchures à la poubelle classique, près de 17 % de celles qui déclaraient trier. Les 13,2 % se lisent donc sur ces trieurs-là. La prose du rapport écrit « 13,2 % des répondants » sans rappeler la restriction, la planche fait foi.
Ce chiffre mesure une déclaration de pratique, pas la composition d’un bac : la part des personnes qui compostent se lit dans une autre enquête de l’ADEME, et les solutions connues dans ce que les gens citent spontanément. Pour viser le tri complet chez vous, le plus simple est de vérifier ce que votre composteur accepte et à quel rythme l’alimenter : voyez quelle contenance prévoir, le rythme des apports et notre rayon composteurs.