Une déchèterie reçoit ce qu’un particulier apporte lui-même : encombrants, déblais et gravats, métaux, mobilier, et d’abord des déchets verts, tontes, tailles et branches, qui forment le premier flux du réseau avec 4,5 millions de tonnes en 2024. Le ratio par habitant reflète donc en partie la place du jardin dans le territoire, et il varie fortement d’un département à l’autre. Les tonnages nationaux de déchets verts et leur destination sont détaillés dans notre fiche sur les déchets verts collectés en France.
Les quatre classes de la carte départementale
La carte de l’enquête range les départements en quatre classes : moins de 225 kg par habitant, de 225 à 280, de 280 à 315, et plus de 315. Vingt et un départements occupent la classe la plus haute en 2024. À l’autre bout, Paris, les départements de la petite couronne, les Yvelines et les DROM-COM affichent des ratios de collecte très faibles, allant de 1,1 à 112 kg par habitant. Le rapport rattache ces niveaux à deux causes distinctes : la pression foncière et la densité de population pour les premiers, le manque d’équipements pour les seconds. Il précise aussi que Paris n’a pas de déchèterie, ce qui laisse un ratio proche de zéro.
Vingt et un départements au-dessus de 315 kg par habitant
La classe la plus haute dessine une France de l’Ouest et du littoral : les départements du littoral atlantique, une partie de la Normandie, les Landes, l’Ariège et les Alpes-de-Haute-Provence dépassent 315 kg par habitant. À l’échelle régionale, la Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire franchissent le même seuil. Les Landes se détachent avec 637,6 kg par habitant sur 437 953 habitants, plus du double de la moyenne nationale gravats compris.
| Département | Ratio par habitant | Tonnages reçus en déchèterie |
|---|---|---|
| Landes | 637,6 kg | 279 257 t |
| Côtes-d’Armor | 522,3 kg | 320 523 t |
| Finistère | 421,1 kg | 394 704 t |
| Ariège | 416,1 kg | 64 978 t |
| Vendée | 411,6 kg | 296 114 t |
| Manche | 404,2 kg | 201 166 t |
| Alpes-de-Haute-Provence | 389,0 kg | 65 672 t |
| Mayenne | 383,6 kg | 116 905 t |
| Morbihan | 363,8 kg | 286 915 t |
| Yonne | 357,3 kg | 118 434 t |
Les dix départements aux ratios les plus élevés en 2024, avec les tonnages correspondants reçus en déchèterie. Source : enquête Collecte 2024, ADEME, données départementales publiées avec le rapport.
Pourquoi les écarts suivent le type d’habitat
Hors déblais et gravats, la moyenne nationale tombe à 169 kg par habitant. Ce ratio décliné par type d’habitat varie de 72 kg en urbain dense à environ 244 kg dans les zones rurales et mixtes à dominante rurale. Le rapport note que les zones touristiques affichent les ratios les plus élevés, sauf les zones touristiques urbaines, dont Paris fait partie, une exception qu’il rattache à l’absence de déchèterie dans la capitale.
Déchets apportés en déchèterie par habitant en 2024 selon la typologie d’habitat de la collectivité, hors déblais et gravats, pour une moyenne nationale de 169 kg. Les barres sont proportionnelles aux ratios, celle du rural avec ville centre servant de référence. Cette série, qui exclut les gravats, ne se lit pas dans la même unité que les ratios départementaux de la carte, qui les incluent. Source : enquête Collecte 2024, ADEME.
Un réseau inégalement dense
Le nombre de déchèteries par habitant explique une partie de ces écarts. À l’échelle nationale, il existe en moyenne une déchèterie pour 14 750 habitants, mais une déchèterie dessert sept fois plus d’habitants en habitat urbain dense qu’en zone rurale, pour des raisons de disponibilité du foncier et de densité de population. Le parc reste stable, à 4 612 sites en 2024, et les déchèteries demeurent majoritairement gérées en régie, à 72 %. Les sites confiés à une entreprise collectent en moyenne 4 050 tonnes, contre 3 059 tonnes pour ceux gérés directement par la collectivité.
La place du jardin dans ces apports
Les déchets verts pèsent lourd dans ces ratios : avec 4 509 kt reçues en 2024, soit 68,3 kg par habitant desservi, ils arrivent en tête des flux reçus en déchèterie. Leur part suit la surface de jardin du territoire, ce qui rapproche les ratios élevés de l’Ouest et des zones rurales. Quand une collecte séparée des biodéchets est en place, les tonnages pris en charge sont réunis dans la fiche des biodéchets collectés à part. Le compostage à domicile, lui, échappe à tout circuit de collecte : ces gestes n’entrent dans aucun des ratios de cette page, comme le rappelle le compostage des foyers français.
Côté pratique, ce qui part en déchèterie se réduit d’abord au jardin : composter tontes et tailles, broyer les branches pour pailler, alors qu’une partie des collectivités interdit désormais les apports de tontes sur leurs sites. Notre article sur le composteur souple détaille la mise en route d’un bac, celui sur le volume à choisir donne les repères de contenance, et le rayon composteurs réunit les bacs du catalogue.
Périmètre. Ces ratios portent sur les déchets ménagers et assimilés collectés par le service public en déchèterie, déblais et gravats compris sauf mention contraire, et sont rapportés à la population du département. Les données couvrent la France métropolitaine, la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion ; la Guyane est écartée de la carte et aucun ratio n’est publié pour Mayotte. Les valeurs départementales citées ici proviennent du fichier de données publié avec le rapport, la carte de la figure 60 en donnant la lecture en quatre classes. Les tonnages des déchets verts sont rapportés, eux, à la population desservie, et quant au compostage à domicile ou partagé, il est estimé sur déclaration des intercommunalités : ces deux séries ne se comparent pas directement aux ratios par département.