Le compostage partagé, aussi appelé collectif, réunit plusieurs foyers autour d’un même dispositif : une placette installée en pied d’immeuble, dans un quartier ou au centre d’un village, où chacun apporte ses épluchures et ses déchets végétaux. Le panorama publié par l’ADEME sur les alternatives au brûlage réserve une section à cette solution et chiffre, page 32, ce qu’elle demande à la collectivité qui l’organise, à partir du retour d’expérience du SYDED du Lot.
Deux postes de dépense, du matériel et des bacs de cuisine
Ces montants viennent de l’encadré que l’étude consacre au SYDED du Lot. La placette réunit trois composteurs et un panneau de communication, pour environ 550 €. Les bioseaux, ces petits seaux de cuisine que la collectivité remet aux foyers participants, valent environ 3 € pièce. Pour situer l’ordre de grandeur, le même document rappelle qu’un composteur individuel se vend en jardinerie entre 25 et 150 € selon sa taille, sa composition et sa conception : la placette partagée sert plusieurs foyers avec un seul jeu de bacs.
Le temps de travail, l’autre moitié du coût
Une placette ne s’arrête pas à son installation. Il faut repérer les foyers motivés, choisir un emplacement de passage, poser les bacs et les panneaux, distribuer les bioseaux, puis organiser le transvasement des bacs et la distribution du compost. L’étude convertit ce suivi en équivalents temps plein : un ETP sur l’année permet d’installer 50 sites de compostage partagé, ou d’en accompagner 100. Chaque site s’appuie en outre sur un ou deux bénévoles référents, qui brassent le compost, repèrent les erreurs de tri et entretiennent la placette. La gestion quotidienne peut être confiée à un prestataire, assurée en régie par les agents de la collectivité, ou partagée avec les habitants.
Plus de 400 sites au SYDED du Lot, 600 000 euros de coût évité
| Indicateur relevé | Valeur |
|---|---|
| Sites de compostage partagé installés par le SYDED du Lot | plus de 400 |
| Coût évité pour le traitement des déchets verts | 600 000 € |
| Équivalents temps plein mobilisés sur l’année | 4 |
Exemple du SYDED du Lot, encadré « Combien ça coûte pour le SYDED du Lot ? », page 32 de l’étude ADEME sur les solutions alternatives au brûlage, 2023.
Ce coût évité appelle une lecture précise : le rapport écrit que ces 600 000 € sont inférieurs au coût de l’action. Sur ce territoire, la dépense engagée pour installer et animer le réseau dépasse donc l’économie réalisée sur le traitement des déchets verts. Le bénéfice affiché n’est pas un gain net pour le budget déchets, c’est un volume qui ne part plus au traitement, et un service rendu aux foyers qui compostent.
Trois réserves de lecture. Ces montants décrivent un seul territoire, le SYDED du Lot, et non une moyenne nationale. Le prix de la placette est donné « environ », il dépend du modèle de bacs, du terrain et des prestataires retenus. Enfin, le coût évité porte sur le seul traitement des déchets verts : l’étude ne chiffre ni le compost produit, ni les déchets de cuisine détournés par ces mêmes placettes, qui relèvent d’une autre filière.
Le compostage partagé reste minoritaire : la pratique du compostage en France en donne la mesure, et les raisons pour lesquelles une partie des Français ne compostent pas éclairent les freins. Pour un bac individuel, notre guide du composteur souple détaille la mise en route. Le brûlage que ces réseaux cherchent à éviter est chiffré dans le brûlage des déchets verts par les ménages, et les dispositifs portés par les collectivités montrent l’éventail des solutions voisines.