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Au-dessus de 90 % d’humidité, la rosée et le brouillard lancent le mildiou

La rosée du matin et le brouillard d’automne sont deux visages de la même eau : celle qui reste posée sur les feuilles. Voici les seuils publiés par l’INRAE et les définitions de Météo-France, et ce qu’ils changent au potager.

En bref

À quelle humidité de l’air la rosée et le brouillard déclenchent-ils le mildiou au jardin ?

Le mildiou a besoin d’eau libre ou d’une humidité saturante pour infecter une plante, et l’INRAE situe sa sporulation au-delà de 90 % d’humidité relative, entre 16 et 22 °C. La rosée matinale dépose cette pellicule d’eau sur les feuilles, et le brouillard maintient l’air près de la saturation pendant des heures. Au-delà de 25 °C, le parasite est fortement ralenti.

90 %
d’humidité relative dans l’air, seuil au-delà duquel les pluies et les températures de 16 à 22 °C favorisent la sporulation du mildiou selon l’INRAE

Le mildiou n’est pas une maladie de la chaleur, c’est une maladie de l’eau. L’INRAE rappelle que le parasite est un microbe apparenté aux algues, ce qui explique la nécessité d’une présence d’eau, libre ou saturante, pour que l’infection d’une plante ait lieu. Trois choses apportent cette eau au potager : la pluie, l’arrosage par aspersion et la rosée du matin. Le brouillard, lui, ne mouille pas franchement : il maintient l’air au bord de la saturation pendant des heures, ce qui suffit au parasite.

90 %
d’humidité relative au-delà de laquelle la sporulation du mildiou est favorisée, avec des températures de 16 à 22 °C
16 à 22 °C
températures optimales de croissance et de production de spores du mildiou, selon l’INRAE
25 °C
seuil au-delà duquel le mildiou est fortement ralenti ou totalement inhibé quand la température s’y maintient

La rosée, une pluie qui ne dit pas son nom

La rosée n’est pas une pluie fine : c’est de la vapeur d’eau qui condense au contact d’une surface plus froide que l’air. Météo-France décrit le mécanisme à propos du brouillard de rayonnement : à la tombée de la nuit, la surface du sol se refroidit plus vite que l’air qui la surmonte, et la vapeur d’eau des couches les plus basses finit par condenser, généralement en fin de nuit. Les feuilles, qui se refroidissent vite, se couvrent alors d’une pellicule d’eau. L’INRAE classe explicitement les rosées matinales parmi les conditions favorables au développement du mildiou, au même titre que les irrigations par aspersion. Une succession de périodes humides et assez chaudes, accompagnées de nuits relativement froides, suffit à lancer la maladie.

Le brouillard, un nuage posé au sol

Météo-France définit le brouillard comme la suspension dans l’atmosphère de très petites gouttelettes d’eau qui réduit la visibilité au sol à moins d’un kilomètre : c’est un nuage dont la base touche le sol. Il se forme principalement entre l’automne et l’hiver, notamment en période anticyclonique, quand le taux d’humidité est élevé, et il se dissipe en matinée sous l’action du rayonnement solaire. Il apparaît plus facilement à la campagne, où la végétation refroidit mieux les sols et entretient un taux d’humidité plus important, ainsi que dans les vallées, les cuvettes et les zones humides. Pour le jardinier, cela donne un signal de saison : les matinées d’automne sont le moment où le feuillage reste mouillé le plus longtemps.

TermeDéfinition publiée par Météo-France
Brouillardvisibilité au sol réduite à moins d’un kilomètre
Brouillard le plus épaisvisibilité pouvant descendre sous cinquante mètres
Brumele même phénomène, avec une visibilité comprise entre 1 et 5 kilomètres
Brume sèchevisibilité réduite par des aérosols en suspension, quand l’humidité de l’air est inférieure à 60 %

Échelle publiée par Météo-France sur ses pages consacrées au brouillard, publiées le 21 novembre 2023 et le 7 novembre 2024. Seul le brouillard, sous un kilomètre de visibilité, entre dans le comptage des jours de brouillard des fiches climatologiques.

Combien de jours de brouillard compte la France ? Aucune moyenne nationale n’est publiée : le brouillard se compte station par station, dans les fiches climatologiques de Météo-France, et la ligne n’est plus renseignée que pour une minorité d’entre elles. À Nice, la fiche des statistiques 1991-2020 et records relève 1,6 jour de brouillard par an, l’une des valeurs les plus basses du pays, dans une ville où le vent balaie l’air. Le contraste est net avec les fonds de vallée et les plateaux de l’est, où Météo-France note qu’un brouillard de rayonnement peut persister plusieurs jours en période hivernale. Ce n’est donc pas le compteur qui décide au potager, mais l’humidité que chaque épisode laisse derrière lui.

Ce que ces seuils changent au potager

L’INRAE note que les premières attaques touchent les parties des cultures où l’humidité persiste le plus longtemps, bords de haies et mouillères, et les zones les plus humides du couvert, base des plantes et aisselle des feuilles : ce sont les endroits à surveiller en premier. Arroser au pied et le matin, plutôt qu’en aspersion le soir, laisse au feuillage le temps de sécher avant la nuit. Aérer serres et tunnels en journée chasse l’air confiné, qui reste au bord de la saturation. Le feutrage blanc ou grisâtre qui apparaît sous les folioles correspond aux spores du parasite, et l’INRAE prévient qu’une fois les foyers bien repérables, il est déjà bien tard pour intervenir : c’est la prévention qui décide, et elle commence par l’aération et la façon d’arroser. La fiche des jours de pluie par an en France situe le rythme des pluies, celle des normales climatiques et du déficit d’arrosage donne la réserve d’eau de l’année, et l’article sur le bicarbonate et le mildiou fait le tri entre les recettes et les preuves.

Sources et méthode : les seuils biologiques du mildiou, humidité relative supérieure à 90 %, températures de 16 à 22 °C, ralentissement au-delà de 25 °C, destruction par une sécheresse persistante et des températures avoisinant 30 °C, rosées matinales et irrigations par aspersion favorables, besoin d’eau libre ou d’humidité saturante, viennent de la fiche de biologie et épidémiologie de l’encyclopédie Hypp et de la fiche VigiMildiou de la pomme de terre, publiées par l’INRAE sur Ephytia. La définition du brouillard, l’échelle de la brume et de la brume sèche, la saison de formation, la mention de la campagne et les cinquante mètres des brouillards les plus épais viennent des deux pages de Météo-France consacrées au brouillard. Les 1,6 jour de brouillard par an de Nice sont lus dans la fiche climatologique de la station, statistiques 1991-2020 et records. Aucune moyenne nationale de jours de brouillard n’est publiée : cette fiche ne l’estime pas. Références complètes en bas de fiche.

Questions fréquentes

Pourquoi la rosée du matin favorise-t-elle le mildiou ?
Parce qu’elle dépose sur les feuilles la pellicule d’eau dont le parasite a besoin. L’INRAE rappelle que le mildiou est un microbe apparenté aux algues, et que l’infection exige de l’eau libre ou une humidité saturante. Les rosées matinales figurent explicitement parmi les conditions favorables au développement de la maladie, au même titre que les irrigations par aspersion.
Faut-il arrêter d’arroser quand le brouillard s’installe ?
Non, mais il faut changer de méthode. L’aspersion mouille le feuillage et compte parmi les conditions favorables au mildiou ; l’arrosage au pied, le matin, laisse les feuilles sécher avant la nuit. L’INRAE situe la sporulation au-delà de 90 % d’humidité relative entre 16 et 22 °C, et précise que le parasite est détruit par une sécheresse persistante.
Combien de jours de brouillard par an en France ?
Aucune moyenne nationale n’est publiée. Météo-France compte le brouillard station par station dans ses fiches climatologiques, et la ligne n’est plus renseignée que pour une minorité de stations. À Nice, la fiche des statistiques 1991-2020 et records relève 1,6 jour de brouillard par an. Le nombre de jours dépend surtout de la topographie, les fonds de vallée, les cuvettes et les zones humides étant les plus touchés.
À quelle température le mildiou s’arrête-t-il ?
Le parasite est fortement ralenti ou totalement inhibé quand la température dépasse durablement 25 °C, et l’INRAE indique qu’il est détruit par une sécheresse persistante et des températures avoisinant 30 °C. Il reste capable de se développer à des températures plus basses que son optimum, et ce sont des nuits fraîches suivies de journées modérément chaudes qui favorisent le plus son extension.

Sources

  1. INRAE, Ephytia, encyclopédie Hypp en protection des plantes, Mildiou de la pomme de terre, biologie et épidémiologie : conditions favorables, sporulation et survie du parasite, page modifiée le 29 juillet 2025.
  2. INRAE, Ephytia, outil VigiMildiou, VigiMildiou, le mildiou de la pomme de terre : conditions favorables et suivi des contaminations, page modifiée le 22 mars 2021.
  3. Météo-France, Le brouillard : définition, formation, brouillard de rayonnement et d’advection, différence avec la brume, publié le 21 novembre 2023.
  4. Météo-France, Les dangers du brouillard : visibilité réduite, brouillards les plus épais et formation en campagne, publié le 7 novembre 2024.
  5. Météo-France, Fiche climatologique de Nice, statistiques 1991-2020 et records, indicatif 06088001 : nombre moyen de jours de brouillard, normales 1991-2020, records arrêtés au 2 juin 2025.

Fiche publiée le 30 septembre 2026, mise à jour le 30 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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