Le mildiou n’est pas une maladie de la chaleur, c’est une maladie de l’eau. L’INRAE rappelle que le parasite est un microbe apparenté aux algues, ce qui explique la nécessité d’une présence d’eau, libre ou saturante, pour que l’infection d’une plante ait lieu. Trois choses apportent cette eau au potager : la pluie, l’arrosage par aspersion et la rosée du matin. Le brouillard, lui, ne mouille pas franchement : il maintient l’air au bord de la saturation pendant des heures, ce qui suffit au parasite.
La rosée, une pluie qui ne dit pas son nom
La rosée n’est pas une pluie fine : c’est de la vapeur d’eau qui condense au contact d’une surface plus froide que l’air. Météo-France décrit le mécanisme à propos du brouillard de rayonnement : à la tombée de la nuit, la surface du sol se refroidit plus vite que l’air qui la surmonte, et la vapeur d’eau des couches les plus basses finit par condenser, généralement en fin de nuit. Les feuilles, qui se refroidissent vite, se couvrent alors d’une pellicule d’eau. L’INRAE classe explicitement les rosées matinales parmi les conditions favorables au développement du mildiou, au même titre que les irrigations par aspersion. Une succession de périodes humides et assez chaudes, accompagnées de nuits relativement froides, suffit à lancer la maladie.
Le brouillard, un nuage posé au sol
Météo-France définit le brouillard comme la suspension dans l’atmosphère de très petites gouttelettes d’eau qui réduit la visibilité au sol à moins d’un kilomètre : c’est un nuage dont la base touche le sol. Il se forme principalement entre l’automne et l’hiver, notamment en période anticyclonique, quand le taux d’humidité est élevé, et il se dissipe en matinée sous l’action du rayonnement solaire. Il apparaît plus facilement à la campagne, où la végétation refroidit mieux les sols et entretient un taux d’humidité plus important, ainsi que dans les vallées, les cuvettes et les zones humides. Pour le jardinier, cela donne un signal de saison : les matinées d’automne sont le moment où le feuillage reste mouillé le plus longtemps.
| Terme | Définition publiée par Météo-France |
|---|---|
| Brouillard | visibilité au sol réduite à moins d’un kilomètre |
| Brouillard le plus épais | visibilité pouvant descendre sous cinquante mètres |
| Brume | le même phénomène, avec une visibilité comprise entre 1 et 5 kilomètres |
| Brume sèche | visibilité réduite par des aérosols en suspension, quand l’humidité de l’air est inférieure à 60 % |
Échelle publiée par Météo-France sur ses pages consacrées au brouillard, publiées le 21 novembre 2023 et le 7 novembre 2024. Seul le brouillard, sous un kilomètre de visibilité, entre dans le comptage des jours de brouillard des fiches climatologiques.
Combien de jours de brouillard compte la France ? Aucune moyenne nationale n’est publiée : le brouillard se compte station par station, dans les fiches climatologiques de Météo-France, et la ligne n’est plus renseignée que pour une minorité d’entre elles. À Nice, la fiche des statistiques 1991-2020 et records relève 1,6 jour de brouillard par an, l’une des valeurs les plus basses du pays, dans une ville où le vent balaie l’air. Le contraste est net avec les fonds de vallée et les plateaux de l’est, où Météo-France note qu’un brouillard de rayonnement peut persister plusieurs jours en période hivernale. Ce n’est donc pas le compteur qui décide au potager, mais l’humidité que chaque épisode laisse derrière lui.
Ce que ces seuils changent au potager
L’INRAE note que les premières attaques touchent les parties des cultures où l’humidité persiste le plus longtemps, bords de haies et mouillères, et les zones les plus humides du couvert, base des plantes et aisselle des feuilles : ce sont les endroits à surveiller en premier. Arroser au pied et le matin, plutôt qu’en aspersion le soir, laisse au feuillage le temps de sécher avant la nuit. Aérer serres et tunnels en journée chasse l’air confiné, qui reste au bord de la saturation. Le feutrage blanc ou grisâtre qui apparaît sous les folioles correspond aux spores du parasite, et l’INRAE prévient qu’une fois les foyers bien repérables, il est déjà bien tard pour intervenir : c’est la prévention qui décide, et elle commence par l’aération et la façon d’arroser. La fiche des jours de pluie par an en France situe le rythme des pluies, celle des normales climatiques et du déficit d’arrosage donne la réserve d’eau de l’année, et l’article sur le bicarbonate et le mildiou fait le tri entre les recettes et les preuves.
Sources et méthode : les seuils biologiques du mildiou, humidité relative supérieure à 90 %, températures de 16 à 22 °C, ralentissement au-delà de 25 °C, destruction par une sécheresse persistante et des températures avoisinant 30 °C, rosées matinales et irrigations par aspersion favorables, besoin d’eau libre ou d’humidité saturante, viennent de la fiche de biologie et épidémiologie de l’encyclopédie Hypp et de la fiche VigiMildiou de la pomme de terre, publiées par l’INRAE sur Ephytia. La définition du brouillard, l’échelle de la brume et de la brume sèche, la saison de formation, la mention de la campagne et les cinquante mètres des brouillards les plus épais viennent des deux pages de Météo-France consacrées au brouillard. Les 1,6 jour de brouillard par an de Nice sont lus dans la fiche climatologique de la station, statistiques 1991-2020 et records. Aucune moyenne nationale de jours de brouillard n’est publiée : cette fiche ne l’estime pas. Références complètes en bas de fiche.