La question ne porte pas sur les intentions, mais sur le souvenir d’un déclencheur. Elle ne concerne que les personnes qui déclarent trier, dans l’enquête de l’ADEME sur le tri à la source des biodéchets, réalisée sur un échantillon de 1 023 personnes représentatives pour la métropole. Les réponses proposées étaient fermées et plusieurs choix possibles : les parts portent donc sur ce seul groupe et ne se cumulent pas.
Incitations citées par les personnes qui trient déjà, réponse à choix multiples, dans l’ordre décroissant. Source : enquête ADEME et Qualitest, édition avril 2025.
L’équipement et les médias loin derrière
La longue traîne des réponses se partage entre les équipements et la communication. Une campagne ou une réunion d’information de la collectivité est citée par 13,9 % des trieurs, les médias et les réseaux sociaux par 11,3 %, un composteur partagé installé par un tiers, association de quartier, voisin ou bailleur, par 10,4 %. Les conseils d’un proche ferment la marche à 8,4 %, juste devant un partage d’information lors d’une fête de voisin ou d’un festival, 3,7 %. Le rapport en tire une conséquence pratique : les aspects écologiques et pratiques sont de bons points d’appui, mais le devoir citoyen et le respect des consignes restent des leviers à ne pas négliger pour élargir le cercle des trieurs.
Une évolution légère depuis la même enquête en 2020
Les deux premières incitations étaient déjà en tête il y a quatre ans. En 2020, la prise de conscience environnementale recueillait 44 % des réponses et les bienfaits du compost 40 %, contre 48,3 % et 42,3 % dans l’enquête de janvier 2024. Le rapport lui-même qualifie l’évolution de légère et n’attend donc pas du seul argument écologique un basculement rapide des pratiques.
Le profil du répondant déplace la réponse
| Incitation citée | Réponses | Profil où l’enquête la signale |
|---|---|---|
| Prise de conscience écologique et environnementale (48,3 %) | 334 | Cadres et professions intellectuelles supérieures (13,4 %), diplôme de niveau master ou plus (19 %), personne vivant seule (27 %) |
| Les bienfaits du compost pour le jardin (42,3 %) | 293 | Communes de moins de 2 000 habitants (37,7 %), diplôme CAP ou BEP (25,8 %) |
| Action de la collectivité locale (19,4 %) | 134 | Agglomérations de plus de 100 000 habitants (37,7 %) |
| Réalisation d’une économie financière (15,8 %) | 109 | 35-49 ans (41,5 %), diplôme du baccalauréat (34,1 %), foyer de quatre personnes (25 %) |
| Informations par les médias (11,3 %) | 78 | 25-34 ans (31,3 %), 18-24 ans (19,7 %), artisans, commerçants et chefs d’entreprise (10 %) |
| Conseils d’un ami, de la famille ou d’un voisin (8,4 %) | 58 | Aucun profil significativement surreprésenté publié |
Tableau 4 de l’enquête ADEME et Qualitest, incitations à mieux trier selon le profil des répondants. Seuls les éléments significativement surreprésentés sont affichés.
Le rapport souligne que la conscience écologique est particulièrement présente chez les CSP+ et les personnes diplômées, quand les jeunes se disent davantage influencés par les conseils de leur entourage. Pour les familles de classe moyenne dont l’activité relève d’une catégorie socioprofessionnelle intermédiaire, la perspective d’économiser de l’argent motive davantage. L’effet des actions menées par les collectivités est plus marqué dans les grandes communes, ce que le rapport lit comme une efficacité accrue des politiques environnementales dans ces zones.
Ces déclencheurs disent l’entrée dans la pratique, pas son maintien. Les freins des personnes qui ne trient pas montrent l’autre versant du sondage, et les conditions qui les feraient basculer sont plus matérielles. Une fois l’habitude prise, la fréquence des apports au composteur décrit le rythme réel, et notre rayon composteurs rassemble les modèles de cuisine comme de jardin.