Ces parts viennent du rapport d’étude mené pour SEMAE et l’Union française des semenciers et publié en juillet 2025. L’enquête a interrogé 1 000 jardiniers amateurs par panel en ligne, du 28 mai au 6 juin 2025, avec un échantillon redressé pour représenter la population française de 18 ans et plus. La cible inclut les ménages qui disposent d’un potager ou d’un balcon et les personnes qui accèdent à un jardin collectif ou partagé : c’est cette définition large qui permet de poser la question du lieu de culture à des jardiniers qui n’ont pas de jardin à eux.
Où cultivent les jardiniers amateurs
Lieu de culture déclaré par les jardiniers amateurs en 2025, en réponse à la question « Cultivez-vous des légumes, des plantes aromatiques ou des fleurs ? ». La cinquième réponse possible, « dans un jardin loué à un tiers », recueille 0 %. Source : rapport SEMAE et UFS, juillet 2025.
Le jardin reste d’abord le sien : 83 % des jardiniers amateurs cultivent dans leur propre jardin, et 12 % sur un balcon ou une terrasse. Le jardinage en collectif arrive loin derrière, avec 3 %, et le prêt d’un terrain par un proche, voisin ou membre de la famille, avec 2 %. Les cinq réponses proposées par l’enquête totalisent 100 % : chaque personne n’a déclaré qu’un lieu de culture, et non une liste.
Le 3 % mesure un lieu de culture déclaré, pas un statut. Les jardins familiaux, reconnus par la loi depuis 1952, ne forment pas une réponse à part dans cette enquête : un adhérent d’association de jardins familiaux peut aussi bien répondre « dans mon jardin » que « dans un jardin collectif ou partagé ». Aucun comptage national ne sépare les deux formes.
Les jardins collectifs d’Île-de-France, les seuls comptés un par un
Pour compter les jardins collectifs autrement que par déclaration, il faut descendre à l’échelle d’une région. L’Institut Paris Region et l’INRA ont construit une base à partir des listings d’associations et de communes, arrêtée en novembre 2015 et publiée en avril 2018 : 1 064 jardins collectifs en Île-de-France, sur 879 hectares, soit un jardin collectif pour 11 400 habitants à l’échelle régionale.
| Type de jardin collectif | Jardins recensés | Surface |
|---|---|---|
| Jardins familiaux | 594 | plus de 700 ha |
| Jardins partagés | 255 | 27 ha |
| Ensemble recensé | 1 064 | 879 ha |
Jardins collectifs recensés en Île-de-France, état des lieux arrêté en novembre 2015. La typologie (familial, partagé, d’insertion) n’a pu être précisée que pour 861 des 1 064 jardins : les 203 autres présentent les caractéristiques d’un jardin collectif sans que l’enquête ait pu trancher. Source : Institut Paris Region et INRA, Note rapide n° 773.
Les deux formes n’occupent pas le même terrain. Les jardins familiaux sont les plus vastes et les moins urbains : 1,2 hectare par jardin en moyenne, contre 0,8 hectare pour l’ensemble des jardins collectifs, et plus de 700 hectares à eux seuls. Les jardins partagés tiennent au contraire sur 27 hectares et sont dix fois plus petits, avec 1 000 m² par jardin, concentrés sur Paris et les communes limitrophes, au nord et à l’est de la capitale. Paris en compte 142, soit un jardin pour 15 500 habitants, de 360 m² en moyenne, du plus petit de la région, 25 m² dans le 18e arrondissement, au plus vaste, 25 hectares à Crosne en Essonne. Avec 186 jardins, le Val-d’Oise est le département le plus doté : 11 460 m² par jardin et 6 572 habitants par jardin.
Les 594 jardins familiaux et les 255 jardins partagés réunis font 849 des 1 064 jardins recensés : les 215 autres relèvent des autres formes de jardins collectifs, à commencer par les jardins d’insertion, que la note ne chiffre pas séparément. Deux repères de la note ne se recoupent pas : les jardins familiaux y sont présentés comme 60 % du nombre des jardins collectifs, alors que 594 sur 1 064 en font 56 %, tandis que leur part de 80 % de la surface est cohérente avec les plus de 700 hectares sur 879. Cette fiche retient les comptes, pas les pourcentages.
Combien de jardins familiaux en France ?
Le chiffre national le plus souvent repris vient d’un rapport du Sénat sur les jardins familiaux, déposé le 2 juillet 2003 : entre 100 000 et 200 000 jardins familiaux couvrant de 2 500 à 5 000 hectares, divisés en parcelles de 200 m² en moyenne. Le rapport précise que ce sont des estimations et les rattache au début des années 1990, époque à laquelle il n’existait déjà pas de recensement national. Il ajoute un indicateur de tension : environ 2 000 dossiers non satisfaits pour la seule région parisienne, pour un délai d’attente d’environ cinq ans.
Un jardin collectif change donc peu de chose au jardin français moyen, mais beaucoup pour qui en cherche un : la demande y dépasse l’offre, et l’attente se compte en années dans les villes. Si vous cultivez chez vous, les surfaces et les usages des ménages français sont dans Jardins d’agrément, potagers et vergers des ménages ; si vous cherchez une parcelle en ville, les attentes mesurées auprès des habitants sont dans Ce que les Français attendent du végétal en ville.