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Contre les ravageurs, la prévention domine au jardin de pleine terre

Abris à insectes, plantes compagnes, purins maison, produits bio achetés : les techniques de lutte contre les maladies et les ravageurs des jardiniers amateurs, en pleine terre comme sur un balcon.

En bref

Comment les jardiniers amateurs luttent-ils contre les maladies et les ravageurs ?

Dans l’enquête nationale de la SNHF menée en 2025, les jardiniers de jardin luttent d’abord sans viser le ravageur : 20 % installent des abris pour favoriser la biodiversité et 19 % plantent des plantes compagnes. Les concoctions naturelles viennent ensuite, à 18 % des réponses, devant l’achat de produits bio et de biocontrôle, 8 %.

20 %
installent des abris afin de favoriser la biodiversité
19 %
plantent des plantes compagnes
18 %
réalisent ou utilisent des concoctions naturelles

Ces parts sont celles de la figure 8 du rapport que la Société nationale d’horticulture de France a publié en décembre 2025, dans le cadre de son programme Jardiner Autrement. L’enquête a réuni 1 810 questionnaires complets, remplis en ligne entre le 4 juillet et le 15 octobre 2025. La figure isole les « jardiniers de jardin » : ceux qui cultivent en pleine terre, au potager, au verger ou dans un massif d’ornement.

En pleine terre, agir sur le milieu plutôt que sur le ravageur

Technique de luttePart des réponses
Abris pour favoriser la biodiversité20 %
Plantation de plantes compagnes19 %
Concoctions naturelles, réalisées ou utilisées18 %
Méthodes de protection mécaniques13 %
Variétés à résistances spécifiques9 %
Achat de produits bio et de biocontrôle8 %
Utilisation de pièges6 %
Introduction d’auxiliaires de culture2 %
Aucune de ces techniques1 %

Techniques de lutte contre les maladies et les ravageurs citées par les jardiniers de jardin, figure 8 du rapport. Plusieurs réponses étaient possibles. Source : enquête Jardiner Autrement, décembre 2025.

Le rapport lit ce classement comme un choix de méthode : les deux gestes de tête n’agissent pas sur la maladie ou sur l’insecte lui-même, ils rendent le jardin moins accueillant pour le premier et plus accueillant pour les organismes qui le régulent. Les auteurs y voient des jardiniers qui cherchent l’auto-régulation plutôt que l’intervention, et qui connaissent les plantes et les insectes de leur parcelle. La lutte dite directe, celle qui vise l’élimination du ravageur, arrive derrière : concoctions naturelles à 18 %, protections mécaniques à 13 %.

Les concoctions maison, un savoir-faire qui reste vivant

Parmi les jardiniers qui emploient des concoctions naturelles, le rapport détaille ce qu’ils préparent : des purins, macérations ou décoctions faits eux-mêmes pour 41 % d’entre eux, des substances aux propriétés répulsives comme les coquilles d’œufs ou les cendres pour 32 %, et l’achat de produits naturels prêts à l’emploi, savon noir, huiles végétales ou essentielles, bicarbonates, pour 26 %. L’achat de produits bio et de biocontrôle, lui, ne représente que 8 % des réponses de la figure 8, contre 9 % annoncés dans le corps du rapport : la fiche retient la valeur affichée sur la figure.

Sur un balcon, la lutte redevient directe

Sur un balcon, une terrasse ou dans une cour, l’ordre s’inverse. Les trois premières techniques des jardiniers hors sol sont les concoctions naturelles, 23 %, l’achat de produits bio et de biocontrôle, 16 %, et les plantes compagnes, 16 %, suivies par les abris en faveur de la biodiversité, 14 %. Le rapport parle de méthodes plus directes, tournées vers l’élimination du ravageur, et note que 52 % de ceux qui utilisent des concoctions les achètent déjà prêtes en jardinerie. Autre écart : 9 % de ces jardiniers ne mettent en place aucune de ces techniques, contre 1 % en pleine terre.

Technique de luttePart des réponses
Concoctions naturelles, réalisées ou utilisées23 %
Achat de produits bio et de biocontrôle16 %
Plantation de plantes compagnes16 %
Abris en faveur de la biodiversité14 %
Aucune de ces techniques9 %
Variétés à résistances spécifiques8 %
Protections mécaniques7 %
Pièges, phéromones, plaques engluées6 %
Autre1 %

Techniques de lutte contre les maladies et les ravageurs citées par les jardiniers hors sol, figure 18 du rapport. Plusieurs réponses étaient possibles. Le rapport signale un corpus de 140 personnes, trop faible pour des analyses statistiques fiables : ces parts illustrent une tendance.

Reste ce que contiennent les produits achetés. Sur les 300 jardiniers du corpus qui déclarent acheter en jardinerie de quoi lutter contre les maladies et les ravageurs, 47 % prennent des fongicides, solides ou liquides, et 45 % des insecticides compatibles avec l’agriculture biologique, à base de bacille de Thuringe, de bacille subtilis, d’huile de colza ou de pyrèthres. Le rapport s’arrête aussi sur les étiquettes : les mentions agriculture biologique, précautions d’emploi et précautions à la récolte sont jugées impératives par une majorité d’acheteurs, quand le prix et la mention biocontrôle sont classés moyennement importants, cette dernière restant difficile à identifier en rayon.

Les parts de cette fiche sont déclaratives, et personne n’a tiré au sort les personnes interrogées : le questionnaire est passé par les canaux du programme Jardiner Autrement, de la SNHF et de leurs partenaires. Ce corpus ne représente donc pas les jardins français. Le détail du désherbage, qui est une autre question posée par la même enquête, est dans les façons de couvrir le sol au jardin, et l’usage de pesticides de synthèse qui subsiste est chiffré dans ce que les jardiniers amateurs utilisent encore. Les 1 % ou 2 % de « autre » et d’« introduction d’auxiliaires » sont des réponses rares, pas des pratiques absentes du jardinage amateur.

Questions fréquentes

Quelle est la technique de lutte la plus employée au jardin ?
En pleine terre, la mise en place d’abris pour favoriser la biodiversité arrive en tête avec 20 % des réponses, devant la plantation de plantes compagnes, 19 %, puis les concoctions naturelles, 18 %. La hiérarchie s’inverse sur un balcon ou une terrasse : les concoctions naturelles y arrivent en tête, avec 23 % des réponses, d’après le rapport de 2025.
Qu’utilisent les jardiniers qui préparent eux-mêmes leurs traitements ?
Des purins, macérations ou décoctions faits maison pour 41 % d’entre eux, des substances répulsives comme les coquilles d’œufs ou les cendres pour 32 %, et des produits naturels achetés, savon noir, huiles végétales ou essentielles, bicarbonates, pour 26 %, selon l’enquête de 2025.
Combien de jardiniers achètent des produits de biocontrôle ?
L’achat de produits bio et de biocontrôle représente 8 % des réponses des jardiniers de jardin dans la figure 8 du rapport, et 16 % chez les jardiniers hors sol. Parmi les 300 jardiniers du corpus qui achètent en jardinerie, 47 % prennent des fongicides et 45 % des insecticides compatibles avec l’agriculture biologique.
La lutte contre les ravageurs est-elle la même sur un balcon ?
Non. Sur balcon, terrasse ou cour, les concoctions naturelles arrivent en tête avec 23 % des réponses et l’achat de produits bio 16 %, alors qu’en pleine terre les abris pour la biodiversité et les plantes compagnes passent devant. Le rapport note aussi que 9 % des jardiniers hors sol ne mènent aucune action contre les maladies et les ravageurs, contre 1 % des jardiniers de pleine terre.

Sources

  1. Société nationale d’horticulture de France, programme Jardiner Autrement, Deuxième grande enquête nationale sur les pratiques culturales des jardiniers amateurs, jardins en pleine terre, surfaces et vocations des jardins hors sol sur balcons, terrasses et cours, enquête en ligne du 4 juillet au 15 octobre 2025, rapport de décembre 2025.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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