Ces parts sont celles de la figure 8 du rapport que la Société nationale d’horticulture de France a publié en décembre 2025, dans le cadre de son programme Jardiner Autrement. L’enquête a réuni 1 810 questionnaires complets, remplis en ligne entre le 4 juillet et le 15 octobre 2025. La figure isole les « jardiniers de jardin » : ceux qui cultivent en pleine terre, au potager, au verger ou dans un massif d’ornement.
En pleine terre, agir sur le milieu plutôt que sur le ravageur
| Technique de lutte | Part des réponses |
|---|---|
| Abris pour favoriser la biodiversité | 20 % |
| Plantation de plantes compagnes | 19 % |
| Concoctions naturelles, réalisées ou utilisées | 18 % |
| Méthodes de protection mécaniques | 13 % |
| Variétés à résistances spécifiques | 9 % |
| Achat de produits bio et de biocontrôle | 8 % |
| Utilisation de pièges | 6 % |
| Introduction d’auxiliaires de culture | 2 % |
| Aucune de ces techniques | 1 % |
Techniques de lutte contre les maladies et les ravageurs citées par les jardiniers de jardin, figure 8 du rapport. Plusieurs réponses étaient possibles. Source : enquête Jardiner Autrement, décembre 2025.
Le rapport lit ce classement comme un choix de méthode : les deux gestes de tête n’agissent pas sur la maladie ou sur l’insecte lui-même, ils rendent le jardin moins accueillant pour le premier et plus accueillant pour les organismes qui le régulent. Les auteurs y voient des jardiniers qui cherchent l’auto-régulation plutôt que l’intervention, et qui connaissent les plantes et les insectes de leur parcelle. La lutte dite directe, celle qui vise l’élimination du ravageur, arrive derrière : concoctions naturelles à 18 %, protections mécaniques à 13 %.
Les concoctions maison, un savoir-faire qui reste vivant
Parmi les jardiniers qui emploient des concoctions naturelles, le rapport détaille ce qu’ils préparent : des purins, macérations ou décoctions faits eux-mêmes pour 41 % d’entre eux, des substances aux propriétés répulsives comme les coquilles d’œufs ou les cendres pour 32 %, et l’achat de produits naturels prêts à l’emploi, savon noir, huiles végétales ou essentielles, bicarbonates, pour 26 %. L’achat de produits bio et de biocontrôle, lui, ne représente que 8 % des réponses de la figure 8, contre 9 % annoncés dans le corps du rapport : la fiche retient la valeur affichée sur la figure.
Sur un balcon, la lutte redevient directe
Sur un balcon, une terrasse ou dans une cour, l’ordre s’inverse. Les trois premières techniques des jardiniers hors sol sont les concoctions naturelles, 23 %, l’achat de produits bio et de biocontrôle, 16 %, et les plantes compagnes, 16 %, suivies par les abris en faveur de la biodiversité, 14 %. Le rapport parle de méthodes plus directes, tournées vers l’élimination du ravageur, et note que 52 % de ceux qui utilisent des concoctions les achètent déjà prêtes en jardinerie. Autre écart : 9 % de ces jardiniers ne mettent en place aucune de ces techniques, contre 1 % en pleine terre.
| Technique de lutte | Part des réponses |
|---|---|
| Concoctions naturelles, réalisées ou utilisées | 23 % |
| Achat de produits bio et de biocontrôle | 16 % |
| Plantation de plantes compagnes | 16 % |
| Abris en faveur de la biodiversité | 14 % |
| Aucune de ces techniques | 9 % |
| Variétés à résistances spécifiques | 8 % |
| Protections mécaniques | 7 % |
| Pièges, phéromones, plaques engluées | 6 % |
| Autre | 1 % |
Techniques de lutte contre les maladies et les ravageurs citées par les jardiniers hors sol, figure 18 du rapport. Plusieurs réponses étaient possibles. Le rapport signale un corpus de 140 personnes, trop faible pour des analyses statistiques fiables : ces parts illustrent une tendance.
Reste ce que contiennent les produits achetés. Sur les 300 jardiniers du corpus qui déclarent acheter en jardinerie de quoi lutter contre les maladies et les ravageurs, 47 % prennent des fongicides, solides ou liquides, et 45 % des insecticides compatibles avec l’agriculture biologique, à base de bacille de Thuringe, de bacille subtilis, d’huile de colza ou de pyrèthres. Le rapport s’arrête aussi sur les étiquettes : les mentions agriculture biologique, précautions d’emploi et précautions à la récolte sont jugées impératives par une majorité d’acheteurs, quand le prix et la mention biocontrôle sont classés moyennement importants, cette dernière restant difficile à identifier en rayon.
Les parts de cette fiche sont déclaratives, et personne n’a tiré au sort les personnes interrogées : le questionnaire est passé par les canaux du programme Jardiner Autrement, de la SNHF et de leurs partenaires. Ce corpus ne représente donc pas les jardins français. Le détail du désherbage, qui est une autre question posée par la même enquête, est dans les façons de couvrir le sol au jardin, et l’usage de pesticides de synthèse qui subsiste est chiffré dans ce que les jardiniers amateurs utilisent encore. Les 1 % ou 2 % de « autre » et d’« introduction d’auxiliaires » sont des réponses rares, pas des pratiques absentes du jardinage amateur.