La source de ces parts est le rapport rendu public en décembre 2025 par la Société nationale d’horticulture de France, dans le cadre de son programme Jardiner Autrement, deuxième grande enquête nationale sur les pratiques culturales des jardiniers amateurs. Le formulaire, ouvert du 4 juillet au 15 octobre 2025, totalise 1 810 questionnaires complets. Le corpus penche du côté des jardinières, 67 %, et des pratiques installées : 78 % des personnes interrogées ont entre 40 et 75 ans, et 71 % cultivent depuis plus d’une décennie.
Le désherbage mécanique reste la première méthode de lutte
Interrogés sur ce qu’ils font des plantes spontanées, les jardiniers de jardin citent d’abord le geste à la main ou à la tondeuse, 42 % des réponses, puis la mise en place d’une couverture du sol, 31 %. Le faux semis et les recettes empiriques, vinaigre, sel ou eau bouillante, arrivent à 9 % chacun. Les produits achetés aux propriétés désherbantes ferment la marche, à 2 %.
| Méthode de lutte | Part des réponses | Effectif publié |
|---|---|---|
| Désherbage mécanique, manuel ou tonte | 42 % | 872 |
| Occultation de la lumière | 31 % | 648 |
| Faux semis | 9 % | 194 |
| Pratiques empiriques, vinaigre, sel, eau bouillante | 9 % | 185 |
| Aucune lutte contre les plantes spontanées | 5 % | 94 |
| Autre | 2 % | 48 |
| Produits achetés ayant des propriétés désherbantes | 2 % | 44 |
Pratiques de lutte contre les plantes spontanées citées par les jardiniers de jardin, figure 12 du rapport. Les effectifs entre parenthèses sont ceux publiés par la figure. Source : enquête Jardiner Autrement, décembre 2025.
Le paillage organique loin devant les bâches plastiques
La couverture du sol prend plusieurs formes, et le rapport en donne la répartition. Le paillage organique, fait de matières végétales étalées en surface, domine avec 53 %, loin devant les plantes couvre-sol, 20 %, et les bâches plastiques, 12 %. Le rapport juge ces bâches souvent néfastes pour la santé des sols. Les paillages textile et minéral restent marginaux, à 9 % et 4 %.
| Pratique d’occultation | Part |
|---|---|
| Paillage organique | 53 % |
| Plante couvre-sol | 20 % |
| Bâche plastique | 12 % |
| Paillage textile | 9 % |
| Paillage minéral | 4 % |
| Autre | 2 % |
Différentes pratiques d’occultation de la lumière employées, figure 13 du rapport. Source : enquête Jardiner Autrement, décembre 2025.
Cette enquête est déclarative, et son corpus est auto-sélectionné : le questionnaire a circulé par les réseaux du programme Jardiner Autrement, de la SNHF et de leurs partenaires, et non sur un échantillon représentatif des jardins français. Les 53 % décrivent la répartition des pratiques d’occultation déclarées, pas la part des jardiniers qui paillent. Aucune source publique ne chiffre ces gestes à l’échelle nationale : la fiche voisine sur les apports de matière organique au sol s’appuie sur la même enquête.
L’âge et l’ancienneté changent la méthode
Le rapport croise les pratiques avec le profil des personnes interrogées. L’occultation de la lumière est davantage adoptée par les jardiniers de 25 à 39 ans, alors que les plus de 75 ans recourent significativement plus aux produits achetés que les 25-59 ans. Les jardiniers de plus de dix ans d’expérience utilisent moins ces techniques de couverture et davantage de pratiques directes, concoctions naturelles, pièges et variétés résistantes, avec une tendance significative à multiplier les méthodes (p = 0,0075). Le rapport avance une explication : la pénibilité du désherbage pousse les plus âgés vers les produits achetés, quand les plus jeunes se tournent vers des gestes plus récents.
Pour votre jardin, ces chiffres disent surtout que la couverture du sol est déjà le second outil de désherbage, et que les jardiniers expérimentés en combinent plusieurs. Un paillage organique se pose sur un sol propre et se recharge au fil de la saison. Notre dossier sur les mauvaises herbes au pied des arbres détaille ce geste au verger, et la toile de paillage non tissée répond au même besoin sur un rang de légumes. Le rayon paillage et toile rassemble les deux familles, et pour situer la part des pesticides dans ces pratiques, voir ce que les jardiniers amateurs utilisent encore.