Cette page s’appuie sur le tableau TF107 de l’enquête Budget de famille, dont les chiffres décrivent l’année 2017 et sont parus en septembre 2020. Deux lignes de la nomenclature y comptent le jardin : la ligne 0932, qui porte le libellé horticulture, accessoires et frais de livraison, puis la division 055, sous son intitulé officiel d’outillage pour la maison et le jardin. Leur somme se rapporte au total des dépenses du ménage, la ligne CTOTALE, arrêtée dans le champ de la comptabilité nationale. Le tableau ne livre aucune de ces parts toute faite : chacune vient d’un rapport monté ici entre deux de ses lignes. Un mot de périmètre enfin, la division 055 accueille le bricolage à côté du jardinage sans les séparer, une perceuse et un arrosoir y sont rangés au même rang.
Trois fois plus de budget chez les propriétaires
| Statut d’occupation | Outillage et plantes | Consommation totale | Part du total |
|---|---|---|---|
| Locataires | 136 € | 24 075 € | 0,56 % |
| Propriétaires | 491 € | 29 579 € | 1,66 % |
| Ensemble des ménages | 351 € | 27 408 € | 1,28 % |
En 2017, dépense moyenne d’un ménage sur l’année, du groupe le moins dépensier au plus dépensier. Les taux de la dernière colonne divisent la dépense du poste par le total de la ligne. Source : enquête Budget de famille de l’INSEE, tableau TF107.
Deux mesures, deux écarts. En euros, un ménage propriétaire met 491 euros par an dans ces deux postes quand un ménage locataire en met 136, un rapport de 3,6. En part de la consommation totale, les deux montants pèsent 1,66 % et 0,56 %, un rapport de 2,9. Le dénominateur explique la différence : le budget annuel d’un propriétaire, 29 579 euros, dépasse de 5 504 euros celui d’un locataire, 24 075 euros, si bien que le même montant y prend mécaniquement moins de place. Sur le poste du logement, le même croisement joue en sens inverse, jusqu’à peser 29,0 % du budget des locataires contre 9,5 % de celui des propriétaires.
L’écart s’ouvre avec le niveau de vie
| Niveau de vie | Propriétaires | Locataires | Écart |
|---|---|---|---|
| Premier quintile | 1,30 % | 0,51 % | 0,79 point |
| Deuxième quintile | 1,51 % | 0,50 % | 1,01 point |
| Troisième quintile | 1,48 % | 0,61 % | 0,87 point |
| Quatrième quintile | 1,79 % | 0,79 % | 1,01 point |
| Cinquième quintile | 1,78 % | 0,44 % | 1,34 point |
Place du poste jardin dans la consommation totale, pour chacun des dix groupes formés par un statut et un quintile. Un ménage ne relève que d’un quintile, les cinq lignes d’une même colonne ne s’additionnent donc pas. Données INSEE, enquête Budget de famille, tableau TF107.
Chez les propriétaires, la part grimpe avec le niveau de vie, de 1,30 % au premier quintile à 1,79 % au quatrième, puis se stabilise à 1,78 % au cinquième. Chez les locataires, elle ne dépasse jamais 0,79 % et retombe à 0,44 % au quintile le plus aisé, son point le plus bas. Aucun des cinq croisements ne place les locataires devant : l’écart va de 0,79 point au premier quintile à 1,34 point au cinquième, et le rapport entre les deux parts passe de 2,6 fois à 4,0 fois sur la même échelle. Le quintile le plus modeste des propriétaires, 1,30 %, réserve encore près de trois fois plus de place au jardin que le quintile le plus aisé des locataires, 0,44 %.
Ce qui reste une fois le bricolage écarté
| Ligne de la nomenclature | Propriétaires | Locataires |
|---|---|---|
| Outillage pour la maison et le jardin, division 055 | 293 € (0,99 %) | 77 € (0,32 %) |
| Horticulture, accessoires et frais de livraison, ligne 0932 | 198 € (0,67 %) | 59 € (0,25 %) |
| Les deux lignes réunies | 491 € (1,66 %) | 136 € (0,56 %) |
Moyenne annuelle d’un ménage en 2017 ; le pourcentage entre parenthèses donne la place du poste dans le budget du même statut. Source : enquête Budget de famille, tableau TF107 de l’INSEE.
La ligne horticulture, la seule du tableau qui porte uniquement des plantes, du petit matériel et les frais d’envoi, garde le même écart que l’ensemble : 198 euros chez un propriétaire, 59 euros chez un locataire, soit 3,4 fois plus, pour des parts de 0,67 % et 0,25 %. L’outillage sépare davantage les deux groupes, 293 euros contre 77, soit 3,8 fois plus, et la part qu’il prend chez un propriétaire, 0,99 %, vaut presque une fois et demie celle de l’horticulture. Le statut d’occupation joue donc dans le même sens sur les deux lignes, celle du matériel comme celle des plantes. Il ne dit pas si le ménage a un jardin, seulement ce qu’il dépense pour en avoir un : le détail poste par poste de ces achats se lit dans le budget jardin des ménages, le poids des foyers qui disposent d’un extérieur dans la fiche sur les jardins des ménages, et le même tableau se relit par âge de la personne de référence. Faute de terrain, une jardinière de balcon ou un récupérateur d’eau de pluie font tenir un jardin sur quelques mètres carrés.
Lecture. Les euros sont des dépenses moyennes par ménage sur une année, arrondies ; les taux, eux, ressortent d’un rapport monté ligne à ligne, ce qui laisse bouger le dernier centième. Propriétaires et locataires ne sont pas les deux moitiés d’un tout : leurs totaux additionnés dépassent la consommation de l’ensemble des ménages, chacun se lit donc dans son propre groupe et non comme le reste de l’autre. Rappel de périmètre, la division 055 range le bricolage à côté du jardinage sans distinguer les deux. Enfin, le millésime est 2017 et la parution septembre 2020 : la photographie vaut à cette date, elle ne dit rien du prix d’un jardin en 2026.