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16 % des phytosanitaires vendus en 2023 sont classés CMR, contre 32 % en 2010

Le SDES suit chaque année la part des substances actives les plus préoccupantes pour la santé dans les ventes françaises de produits phytopharmaceutiques. Cette part a été divisée par deux entre 2010 et 2023, sous l’effet d’une seule catégorie de substances.

En bref

Quelle part des produits phytosanitaires vendus en France est classée cancérogène, mutagène ou reprotoxique ?

En 2023, 16 % des substances actives phytopharmaceutiques vendues en France étaient classées cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), contre 32 % en 2010 : 10 300 tonnes contre 19 500 tonnes. En ne comptant que les substances hors agriculture biologique et hors biocontrôle, la part passe de 38 % à 24 % sur la même période, selon le SDES.

16 %
des substances actives phytopharmaceutiques vendues en France en 2023 sont classées cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques, contre 32 % en 2010

Les substances actives phytopharmaceutiques sont classées selon le danger qu’elles représentent pour la santé. La catégorie dite CMR rassemble les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques, et se scinde en deux niveaux. Les CMR1 désignent un danger avéré, prouvé chez l’être humain ou fortement présumé d’après les études animales. Les CMR2 désignent un danger suspecté, les données disponibles conduisant à une forte présomption sans conclure avec certitude. Le SDES mesure chaque année la place de ces substances dans les ventes françaises à partir de la banque nationale des ventes, alimentée par les déclarations des distributeurs de produits phytopharmaceutiques.

Une part divisée par deux entre 2010 et 2023

201032 %
202316 %

Part des substances actives classées CMR dans l’ensemble des substances phytopharmaceutiques vendues en France. Source : SDES, « État des lieux des ventes et des achats de produits phytopharmaceutiques en France en 2023 », juin 2025, d’après la banque nationale des ventes.

En volume, 19 500 tonnes de substances CMR ont été vendues en 2010, contre 10 300 tonnes en 2023. Le périmètre retenu fait varier le niveau de l’indicateur, pas son sens : en retirant les substances utilisables en agriculture biologique et celles du biocontrôle, la part des substances les plus toxiques passe de 38 % à 24 % entre 2010 et 2023. Le recul se vérifie donc aussi à l’intérieur du seul périmètre conventionnel.

Ce qui recule, famille par famille

Famille de substances CMRÉvolution des quantités
Molluscicides- 62 %
Fongicides- 59 %
Herbicides- 9 %
Insecticides+ 18 %

Variation des quantités de substances actives classées CMR au niveau national. Source : SDES, « État des lieux des ventes et des achats de produits phytopharmaceutiques en France en 2023 », juin 2025.

La publication donne ces écarts par famille au niveau national sans en préciser la période de comparaison. Les achats de substances CMR sont, eux, suivis en moyenne triennale : ils passent de 17 600 tonnes par an sur la période 2015-2017 à 11 100 tonnes sur 2021-2023, soit une baisse de 37 %. Ce sont les insecticides qui portent la nuance, avec un recours accru au phosmet jusqu’en 2022, détaillé dans les substances actives les plus vendues en France.

Un danger avéré qui a disparu du marché

0,1 %
des ventes de 2023 relèvent de substances CMR1, au danger avéré
16 %
relèvent de substances CMR2, au danger suspecté

Les substances CMR1 ne sont quasiment plus commercialisées : 0,1 % des ventes en 2023. Les ventes de substances les plus préoccupantes pour la santé concernent donc désormais presque exclusivement des substances CMR2. Cette disparition du marché ne signifie pas que la famille entière recule au même rythme, comme le montre l’écart entre les molluscicides et les herbicides.

Ce que ces parts ne mesurent pas

Une part n’est pas un niveau de risque. L’indicateur de quantités de substances actives agrège des molécules d’efficacité très différente à poids égal, et il ne mesure ni la fréquence des traitements ni l’exposition des personnes. La publication le rappelle elle-même : substituer une substance par une autre, plus efficace à faible dose, fait baisser l’indicateur sans changer l’intensité de traitement. Une part CMR de 16 % signifie que ces substances pèsent moins dans le tonnage vendu, pas que le danger a quitté les parcelles.

Ce que ça change au jardin

Ces ventes concernent d’abord les exploitations agricoles et les gestionnaires d’espaces publics. Pour un particulier, l’achat est fermé depuis le 1er janvier 2019, sauf pour les produits à emploi autorisé dans les jardins : cette part des ventes s’établit à 1,5 % en 2023. Les pesticides encore employés au jardin proviennent surtout de stocks anciens. Au potager, les adventices se tiennent sans herbicide avec une toile de paillage non tissée et les ravageurs avec un filet posé sur le rang.

Chiffres du SDES, service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique, « État des lieux des ventes et des achats de produits phytopharmaceutiques en France en 2023 », juin 2025, d’après la banque nationale des ventes traitée par l’OFB et le SDES. Champ : France entière, substances actives hors adjuvants, tous usages confondus.

Questions fréquentes

Les substances CMR les plus dangereuses sont-elles encore vendues ?
Presque plus. Les substances CMR1, dont le danger est avéré, ne représentent plus que 0,1 % des ventes en 2023. Les substances les plus préoccupantes encore commercialisées sont donc presque exclusivement des CMR2, dont le danger est suspecté, et qui forment 16 % des quantités vendues cette année-là.
Pourquoi la part des substances CMR recule-t-elle ?
La baisse vient surtout des molluscicides et des fongicides, dont les quantités classées CMR ont diminué de 62 % et 59 % au niveau national, alors que celles des herbicides ne reculent que de 9 %. Les insecticides CMR ont au contraire augmenté de 18 %, sous l’effet d’un recours accru au phosmet jusqu’en 2022.
Cette baisse signifie-t-elle que les pesticides vendus sont moins dangereux ?
Elle dit que les substances les plus préoccupantes pèsent moins dans le tonnage total, pas que le risque a disparu. L’indicateur de quantités agrège des substances d’efficacité très différente à poids égal et ne mesure ni la fréquence des traitements ni l’exposition des personnes.
Ces substances sont-elles employées dans les jardins ?
Les jardins ne pèsent qu’une fraction des ventes. En 2023, 1,5 % des substances actives vendues en France entraient dans un produit à emploi autorisé dans les jardins, les autres étant réservés aux acheteurs professionnels depuis le 1er janvier 2019.

Sources

  1. SDES, service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique, État des lieux des ventes et des achats de produits phytosanitaires en France en 2023 : quantités de substances actives vendues et part des herbicides, données 2023, publication de juin 2025.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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