Une lampe solaire suspendue s'annonce avec trois chiffres : une réserve en milliampères-heures, un panneau en watts et un nombre de LED. Aucun des trois ne dit ce que la lampe rendra un soir de décembre, ni ce qu'il faudra ajouter le jour de la pose. Le budget d'une lampe solaire suspendue se lit donc en deux temps : ce que la boîte comprend, puis ce qu'il reste à acheter à côté. C'est le second temps qui réserve les surprises.
En bref
La dépense se cadre sur trois valeurs : la réserve de la batterie en wattheures, la puissance du panneau en watts et la longueur du câble qui les sépare. Sur cette lampe, 4 400 mAh sous 3,7 V font 16,3 Wh, et le panneau de 3 W travaille au bout de cinq mètres de câble. Le crochet et la pile de la télécommande, eux, restent à prévoir à côté.
Un milliampère-heure ne se compare pas à un milliampère-heure
Les pages produit mettent en avant la capacité de la batterie, exprimée en milliampères-heures. Ce nombre décrit une quantité de charge, pas une quantité d'énergie, et il ne classe donc pas deux lampes l'une par rapport à l'autre. Pour obtenir l'énergie réellement stockée, multipliez la capacité par la tension. Sur cette lampe suspendue, 4,4 Ah sous 3,7 V donnent 16,3 Wh. Deux blocs qui affichent la même capacité ne tiennent pas la même réserve si l'un travaille sous 3,2 V et l'autre sous 3,7 V, et c'est le second qui en garde davantage.
L'exercice connaît une limite, et mieux vaut la connaître avant de sortir la calculatrice. La fiche technique ne dit pas ce que les LED consomment. Sans cette donnée, les wattheures ne se convertissent pas en heures d'éclairage, et personne ne peut vous promettre une durée sans l'avoir chronométrée. Le seul chiffre solide sur ce point est celui que vous obtiendrez vous-même, un soir, lampe posée au sol avant de monter sur l'échelle.
Le prix se répartit sur quatre postes
Quand deux modèles suspendus n'affichent pas le même prix, l'écart vient rarement de partout : il se loge dans l'un de ces quatre postes. Savoir lequel vous évite de payer pour une qualité qui ne servira pas chez vous.
La batterie d'abord, qui fixe la réserve en wattheures. C'est le poste qui monte le plus vite dans les modèles annoncés comme endurants, et il ne sert que si la lampe doit tenir de longues soirées.
Le panneau ensuite, dont la puissance et la surface déterminent la récolte. Celui de cette lampe mesure 17,8 cm de large et pivote sur 180 degrés, ce qui permet de le recaler face au soleil au fil de la journée. Un module plus large rend davantage, à condition de recevoir la lumière : c'est le poste dont la valeur tombe à zéro quand il reste à l'ombre.
Le câble compte aussi. Ses cinq mètres séparent l'endroit où la lampe pend de celui où le panneau travaille, et cette distance ne s'étend pas après l'achat.
L'électronique ferme la liste : détecteur, télécommande, trois modes, trois teintes. Ces fonctions ne changent rien à la réserve, elles changent la manière de s'en servir.
Un budget bien placé suit donc l'usage. Une réserve plus grosse ne compense jamais un panneau à l'ombre, et un panneau plus large ne suffit pas à tenir une soirée entière éclairée.
Pourquoi 228 LED ne disent rien de la lumière rendue
Un nombre de diodes est un compte, pas une mesure. Ce qui décide de la lumière reçue s'appelle le flux lumineux, et l'efficacité lumineuse le rapporte à la puissance consommée, en lumens par watt. Cette grandeur se relève sur un banc, avec des instruments adaptés, une température ambiante stabilisée et un protocole normalisé. Le National Institute of Standards and Technology décrit cette méthode pour les produits d'éclairage à semi-conducteurs. Aucune de ces mesures ne compte les diodes.
Une annonce de 228 LED ne dit donc rien de la lumière que vous recevrez. Notre fiche ne publie aucune valeur en lumens, et nous préférons l'écrire plutôt que d'avancer un chiffre que rien ne soutient. Entre deux modèles, la question utile porte sur ce qui a été mesuré, jamais sur le nombre de diodes alignées derrière le diffuseur.
En décembre, le panneau récolte trois fois moins qu'en juin
Le panneau porte une puissance annoncée de 3 W, et cette puissance ne dit rien de ce qu'il rapportera. Prenons un module de 3 Wc, inclinaison de 45 degrés, plein sud, à Lille. Le calculateur PVGIS du Centre commun de recherche de la Commission européenne lui attribue 0,12 kWh en décembre et 0,36 kWh en juin. Sur l'année, le total atteint 3,21 kWh, pertes de système de 14 % comprises, en moyenne sur la période 2005-2023.
Ramenez ces valeurs à la journée : environ 4 Wh en décembre, 12 Wh en juin. Mettez-les en face des 16,3 Wh de réserve. Une journée de décembre en remplit à peu près le quart, une journée de juin près des trois quarts. Le prix de la lampe ne change pas avec la saison, la récolte si, et l'écart entre décembre et juin atteint un facteur trois.
Le froid s'ajoute à ce déséquilibre. Une revue consacrée aux accumulateurs lithium par grand froid, publiée dans Applied Energy, décrit une énergie restituée en baisse et une résistance interne en hausse quand la température descend. Les mesures ont été faites sur des cellules de véhicules électriques, pas sur ce luminaire : la tendance vaut, le chiffre non. Ce qui reste vrai pour une lampe de jardin, c'est le calendrier, les soirs de gel tombant au moment où le panneau récolte le moins.

Reste une bonne nouvelle de budget. Deux modèles proches sur l'étiquette peuvent se séparer sur la seule place du panneau, et cette place ne coûte rien à corriger. Les cinq mètres de câble et la rotation de 180 degrés du module sont des leviers gratuits. Écartez la branche qui masque le module en milieu de journée, ou déplacez-le d'un mètre sur la toiture. Cela pèse plus lourd que l'écart de prix entre deux lampes de même catégorie. Le panneau et son câble méritent d'ailleurs une vérification par an, surtout sous un appentis où la pluie ne lave rien.
Le mode choisi décide de la taille du modèle à acheter
Les trois modes ne puisent pas la même part de la réserve. Les deux premiers allument la lampe au passage, l'un en retombant en veilleuse, l'autre en s'éteignant ; le troisième tient l'éclairage du crépuscule pendant quatre ou six heures, que quelqu'un circule ou non. Dans les deux premiers cas, la dépense suit les passages ; dans le troisième, elle a lieu tous les soirs.
C'est là que le budget se décide vraiment. Un passage que l'on éclaire à la demande se contente d'une réserve modeste, alors qu'une soirée tenue de bout en bout réclame plus de batterie et plus de panneau, donc un modèle d'une autre catégorie. La fiche ne donne pas la consommation des LED, si bien qu'aucune comparaison en heures n'est possible ici : ce que vous arbitrez, c'est entre une lampe qui répond et une lampe qui veille. Le mode continu, lui, se choisit à la télécommande et se paie chaque soir sur la réserve.
Ce qui manque dans la boîte
Dans la boîte, on trouve la lampe, le panneau avec ses cinq mètres de câble et la télécommande. Le crochet n'en fait pas partie : l'anneau du luminaire attend une pièce que vous fournissez, choisie pour la charpente du bâtiment. Prévoyez-la dans la dépense, et pas au dernier moment, un jour de pluie. C'est le seul poste où une économie se paie d'un coup, le jour où la lampe tombe.
La pile de la télécommande manque aussi, et la commande est livrée en noir ou en blanc, une teinte décidée à l'expédition. Deux lignes s'ajoutent donc à la facture, et aucune ne figure sur la page du produit. Le point d'accroche se prépare lui aussi à l'avance : suspendre la lampe à un crochet demande une pièce choisie pour la charpente du bâtiment, et le perçage se fait une fois la pièce en main.

Quand la lampe suspendue ne convient pas
Reste à savoir dans quels cas la lampe suspendue n'est pas la bonne réponse.
Quand le bâtiment n'offre aucune pièce de charpente saine au-dessus du passage, une paroi peut prendre le relais. Un modèle mural se fixe alors sans crochet ni câble à faire courir, à condition qu'elle fasse face à la zone à éclairer. La dépense reste comparable et la pose se simplifie.
Quand le panneau ne reçoit jamais le soleil, aucun modèle ne compense. Une façade sous des arbres, un appentis adossé au nord, une tôle à l'ombre toute la journée : la réserve se videra sans se refaire. Deux issues seulement. Déplacer le point d'éclairage pour amener le panneau au jour, ce que les cinq mètres de câble permettent jusqu'à une certaine distance. Ou renoncer au solaire lorsqu'une arrivée électrique existe déjà dans le bâtiment, car un luminaire alimenté par le secteur éclaire en décembre comme en juin.
Quand deux zones doivent s'éclairer en même temps, souvenez-vous que cette lampe se décroche. Elle change de place au fil des saisons et passe d'un abri à un autre. Un second point d'éclairage ne se justifie que si les deux passages servent ensemble.

L'ordre dans lequel regarder quand le budget est serré
L'ordre de ces vérifications compte autant que leur résultat.
La place du panneau vient en tête et ne coûte rien. Un module qui voit le soleil du matin au soir vaut mieux qu'un module plus large dont une partie de la journée se passe à l'ombre. Avant de comparer des prix, cherchez où le panneau pourra vivre.
La réserve vient ensuite, en wattheures. Elle se paie à l'achat et ne se complète pas plus tard, contrairement au panneau que l'on peut déplacer : c'est le seul poste qu'il faut viser juste du premier coup.
Les fonctions arrivent en dernier. Une télécommande, trois teintes de blanc, trois modes : ce sont des conforts d'usage, qui ne pèsent pas sur la réserve. Si le budget doit se resserrer quelque part, c'est ici que la coupe ne se verra pas l'hiver.
Ce qu'il faut retenir
Demandez la réserve en wattheures, la puissance du panneau et la longueur du câble avant de comparer deux prix. Ajoutez au panier le crochet et la pile de la télécommande, tous deux absents du colis. Et souvenez-vous que le mode choisi décide de ce que la lampe dépense chaque soir d'hiver. Cette lampe éclaire un passage sous une panne ou un appentis, avec l'énergie qu'une journée lui a laissée.
Questions frequentes
Que faut-il regarder en premier pour comparer deux lampes solaires suspendues ?
L'énergie stockée, exprimée en wattheures, et non la capacité en milliampères-heures. Multipliez la capacité affichée par la tension : les 4 400 mAh de cette lampe sous 3,7 V valent 16,3 Wh, et la même capacité sous 3,2 V n'en stocke que 14. Viennent ensuite la puissance du panneau, en watts, puis la longueur du câble, car un module qui reste à l'ombre ne rapporte rien quelle que soit la réserve. Ces trois valeurs figurent sur la fiche technique, contrairement à la consommation des LED, qui n'est pas publiée et empêche tout calcul d'heures.
Le nombre de LED indique-t-il la puissance d'éclairage ?
Non. Un nombre de diodes décrit un assemblage, pas la lumière rendue. La grandeur qui compte est l'efficacité lumineuse, en lumens par watt, relevée sur un banc d'essai selon un protocole normalisé et une température ambiante stabilisée. Un plateau de 228 LED peut donc éclairer moins qu'un autre qui en compte la moitié. Notre fiche ne publie pas de valeur en lumens : demandez la mesure plutôt que le compte.
Faut-il prévoir un crochet en plus de la lampe ?
Oui, le luminaire porte seulement son anneau et aucun crochet n'est livré avec lui. Prévoyez une pièce adaptée à la charpente du bâtiment, capable de reprendre le poids du bloc quand il balance. La pile de la télécommande manque également, et sa référence n'est pas indiquée : achetez-la avant la pose plutôt que de laisser la lampe sans commande.
Le mode continu dépense-t-il plus que la détection ?
Il sollicite la réserve tous les soirs, alors que les deux modes à détection ne la sollicitent qu'au passage. Le mode continu s'arrête seul au bout de quatre ou six heures, mais il éclaire sans qu'aucun mouvement ne le déclenche. La consommation des LED n'étant pas publiée, aucune comparaison ne se fait en heures : ce qui se décide, c'est le besoin réel, un passage éclairé à la demande ou une soirée tenue jusqu'au bout. Le mode se choisit à la télécommande, sans décrocher la lampe.
Sources
- Commission européenne, Centre commun de recherche. PVGIS, outil de calcul du rendement photovoltaïque. Relevé du 24 septembre 2026 : module de 3 Wc incliné à 45 degrés, orientation plein sud, pertes de système de 14 %, base PVGIS-SARAH3, moyenne 2005-2023, à Lille.
- Jaguemont, J., Boulon, L. et Dubé, Y. (2016). A comprehensive review of lithium-ion batteries used in hybrid and electric vehicles at cold temperatures. Applied Energy, vol. 164, p. 99-114.
- National Institute of Standards and Technology. Measurement of solid-state lighting products. Physical Measurement Laboratory.

