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Combien de jours de neige compte la France, et quelle épaisseur au sol

Un jour de neige se compte au sol, pas dans le ciel : le seuil est fixé à 5 cm d’épaisseur. Ce que les relevés du col de Porte, les études alpines et les projections par massif disent de la neige française, et ce qu’elle change au jardin.

En bref

Combien de jours de neige au sol compte la France, et quelle épaisseur la neige atteint-elle ?

Météo-France compte un jour de neige au sol dès que l’épaisseur dépasse 5 cm. Aucune moyenne nationale n’est publiée pour cet indicateur, qui se lit massif par massif. Au col de Porte, à 1 325 m en Chartreuse, l’épaisseur de neige hivernale moyenne a perdu 38 cm en trente ans, et les Alpes ont perdu près d’un mois d’enneigement en cinquante ans.

La neige qui tombe et la neige qui tient au sol sont deux choses distinctes. Météo-France compte un jour de neige au sol lorsque l’épaisseur mesurée dépasse 5 cm : en dessous, le manteau ne recouvre pas vraiment le terrain et fond souvent dans la journée. Ce seuil range les flocons de passage du côté de l’anecdote et fait du compteur un indicateur de ce que le sol garde. Le jour de gel, lui, se contente d’une nuit froide : la fiche des jours sans dégel montre comment les deux compteurs se distinguent.

5 cm
seuil d’épaisseur à partir duquel Météo-France compte un jour de neige au sol
38 cm
de neige hivernale moyenne perdus en trente ans au col de Porte, à 1 325 m
plus de 3 m
de neige au-dessus de 2 000 m dans certains secteurs des Alpes et des Pyrénées, hiver 2025-2026

Un seuil, un observatoire

Faute de moyenne nationale, la neige au sol se lit massif par massif, et le repère le plus long est un petit col de la Chartreuse. Météo-France y entretient un observatoire nivo-météorologique, le col de Porte, à 1 325 m d’altitude, avec plus de soixante ans d’observations en moyenne montagne. La série sert d’indicateur national d’impact du changement climatique, consultable dans l’application ClimatHD de Météo-France. Elle superpose deux courbes : l’épaisseur de neige mesurée du 1er décembre au 30 avril, et la température moyenne de l’air sur la même période.

IndicateurPériode de comparaisonÉvolution
Épaisseur de neige hivernale moyenne, col de Porte (1 325 m)1960-1961 à 1989-1990 contre 1990-1991 à 2019-202038 cm de moins
Température hivernale moyenne, col de Portemême comparaison1,0 °C de plus
Durée d’enneigement, Alpes1971 à 2019près d’un mois de moins
Durée d’enneigement, massifs françaishorizon 2050, France à +2,7 °C1 à 2 mois de moins
Nombre de jours de gel en Francepériode récente, puis horizon 205050 j en moyenne, 30 j vers 2050

Évolutions publiées par Météo-France. Les deux premières lignes sont lues sur le graphique « Enneigement et température hivernales » du col de Porte, dont la comparaison porte sur 1990-1991 à 2019-2020 contre 1960-1961 à 1989-1990. La troisième vient de l’étude européenne publiée en mars 2021 dans la revue The Cryosphere, reprise par Météo-France pour les Alpes. La quatrième est la projection à l’horizon 2050 d’une France à +2,7 °C. La cinquième est la moyenne nationale des jours de gel dans la période récente, projetée à 30 j vers 2050.

Alpes (1 800 m)1,5 à 3 mois
Vosges et Jura1 à 2 mois
Pyrénées (1 800 m)moins d’1,5 mois
Massif central (1 200 m)10 jours

Réduction de la durée d’enneigement naturel moyen dans une France à +4 °C (horizon 2100 de la TRACC), par massif. Les largeurs suivent la borne haute de chaque fourchette, et les 10 jours du Massif central sont ramenés à la même échelle.

Un compteur qui recule

Pour les Alpes, la comparaison tient en une phrase : la durée d’enneigement y a diminué de près d’un mois au cours des cinquante dernières années, surtout à basse et moyenne altitude. Dans les Pyrénées, la reconstruction du manteau neigeux menée de 1958 à 2017 sur 28 stations, croisée avec vingt ans d’images satellites, aboutit à la même conclusion, avec une réduction plus marquée à 2 100 m. Les projections prolongent ces courbes : à l’horizon 2050, dans une France à +2,7 °C, la durée de l’enneigement perdrait 1 à 2 mois dans l’ensemble des massifs à basse et moyenne altitude. Le compteur voisin, celui des jours de gel, suit le même chemin : 50 jours par an en moyenne dans la période récente, 30 jours vers 2050 selon Météo-France. La date des dernières gelées par région situe ce recul dans le calendrier du jardin.

70 et 80 cm
de neige relevés à Saint-Tropez et dans les rues de Bordeaux pendant la vague de froid de février 1956, la plus sévère mesurée en France depuis 1900

Ce que la neige change au jardin

Au jardin, la neige est moins un décor qu’un couvert. Un manteau de quelques dizaines de centimètres isole le sol et protège les racines, les bulbes et les jeunes plants des gelées qui suivent, là où un sol nu descend plus bas. À la fonte, l’eau rejoint lentement la réserve du sol, au moment où la végétation redémarre. Deux revers dans le même mouvement : la neige collante casse les branches des persistants et des arbustes taillés, et une chute tardive sur des fruitiers en fleurs refroidit les organes reproducteurs au moment de la pollinisation. Dans un hiver qui perd ses jours de neige au sol, la protection vient donc du paillage, que la fiche du paillage des cultures chiffre chez les jardiniers amateurs, et la fiche de l’adaptation du jardin au changement climatique rassemble les autres leviers.

Sources et méthode : le seuil de 5 cm, l’observatoire du col de Porte et les projections par massif sont publiés par Météo-France sur sa page consacrée à l’enneigement. Les valeurs du tableau sont lues dans le dossier de presse de l’hiver 2024-2025 et dans cette page. Les relevés de l’hiver 2025-2026 viennent du bilan climatique de la saison. Aucune moyenne nationale de jours de neige au sol n’est publiée : cette fiche ne l’estime pas, elle donne les repères publiés. Références complètes en bas de fiche.

Questions fréquentes

Qu’appelle-t-on un jour de neige au sol ?
C’est une journée où la neige recouvre le terrain, et non une journée où il neige. Météo-France retient le seuil de 5 cm d’épaisseur : en dessous, le manteau ne recouvre pas vraiment le sol et disparaît souvent dans la journée. Les flocons aperçus sans tenue au sol ne comptent donc pas dans cet indicateur.
Combien de neige tombe-t-il en France en hiver ?
Aucune moyenne nationale n’est publiée, car la neige dépend d’abord de l’altitude. Pendant l’hiver 2025-2026, Météo-France relève parfois plus de 3 m de neige au-dessus de 2 000 m dans certains secteurs des Alpes et des Pyrénées, tandis que l’enneigement est resté fortement déficitaire dans les Vosges. En plaine, les repères historiques datent de février 1956 : 70 cm à Saint-Tropez et 80 cm dans les rues de Bordeaux.
L’enneigement recule-t-il en France ?
Oui, surtout à basse et moyenne altitude. Au col de Porte, à 1 325 m en Chartreuse, l’épaisseur de neige hivernale moyenne a perdu 38 cm entre les hivers 1960-1961 à 1989-1990 et 1990-1991 à 2019-2020, et la température hivernale y a gagné 1,0 °C. Dans les Alpes, la durée d’enneigement a diminué de près d’un mois en cinquante ans. À l’horizon 2050, dans une France à +2,7 °C, Météo-France projette une perte de 1 à 2 mois sur les massifs de basse et moyenne altitude.
Que change la neige pour le jardin ?
Elle protège le sol et les racines du froid qui suit, car un manteau de neige isole, là où un sol nu descend plus bas. À la fonte, l’eau recharge lentement la réserve du sol au redémarrage de la végétation. Elle a aussi ses revers : la neige collante casse les branches, et une chute tardive sur des fruitiers en fleurs gêne la pollinisation. Faute de neige, c’est le paillage qui joue ce rôle de couverture.

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