La matière est le tableau TF104 de l’enquête Budget de famille, diffusé par l’INSEE en septembre 2020 et décrivant les dépenses de l’année 2017. Le découpage retenu ici suit la commune de résidence, en cinq groupes ordonnés du plus rural au plus urbain. La division 11 de la nomenclature, intitulée restauration et hôtels, réunit les repas pris hors du domicile et les services d’hébergement. Chaque montant de cette division est rapporté à la ligne CTOTALE du même groupe, qui compte toutes les dépenses de l’année. Les pourcentages ne sont pas imprimés dans le tableau : nous les obtenons en divisant deux lignes publiées l’une par l’autre.
Un poids qui grimpe avec la taille du bassin de vie
| Catégorie de commune | Consommation totale | Restauration et hôtels | Part |
|---|---|---|---|
| Commune rurale | 27 051 € | 1 690 € | 6,2 % |
| Petites villes (moins de 20 000 hab.) | 26 582 € | 1 624 € | 6,1 % |
| Villes moyennes (20 000 à 100 000 hab.) | 25 426 € | 1 674 € | 6,6 % |
| Grandes villes (plus de 100 000 hab.) | 26 825 € | 1 980 € | 7,4 % |
| Complexe de l’agglomération parisienne | 31 772 € | 2 991 € | 9,4 % |
| Ensemble des ménages | 27 408 € | 1 972 € | 7,2 % |
Dépense annuelle moyenne par foyer en 2017, une ligne par catégorie de commune. La dernière colonne rapporte la division 11 au total des dépenses du groupe. Source : INSEE, enquête Budget de famille, tableau TF104.
La part de la consommation totale laissée à la restauration et aux hôtels, groupe par groupe, en 2017. Source : INSEE, tableau TF104.
Le classement n’est pas parfaitement monotone : les petites villes ferment la marche à 6,1 %, juste derrière les communes rurales à 6,2 %, et l’écart ne se creuse vraiment qu’à partir des villes moyennes. Entre les deux extrémités, 3,3 points séparent les petites villes du complexe de l’agglomération parisienne. Cette amplitude se place au-dessus des 2,5 points qui séparent les types de ménage et en dessous des 6,3 points qui séparent les catégories socioprofessionnelles, sur la même division et la même année.
Ce que la division contient selon le lieu de vie
| Catégorie de commune | Restauration | Hébergement |
|---|---|---|
| Commune rurale | 81,2 % | 18,8 % |
| Petites villes (moins de 20 000 hab.) | 83,3 % | 16,7 % |
| Villes moyennes (20 000 à 100 000 hab.) | 81,8 % | 18,2 % |
| Grandes villes (plus de 100 000 hab.) | 83,1 % | 16,9 % |
| Complexe de l’agglomération parisienne | 84,3 % | 15,7 % |
| Ensemble des ménages | 82,9 % | 17,1 % |
Poids des deux groupes de la division 11, en pourcentage de la division elle-même, pour l’année 2017. Les deux colonnes se complètent. Source : INSEE, enquête Budget de famille, tableau TF104.
La part de la division 11 prise par les repas au restaurant, au café ou au bar, la catégorie 1111 du tableau, en 2017. Source : INSEE, tableau TF104.
Restaurants et cantines ne se partagent pas la division de la même façon selon le lieu de vie. Les repas pris dans un restaurant, un café ou un bar en forment 48,1 % en commune rurale et 54,4 % dans le complexe de l’agglomération parisienne : plus le bassin de vie est dense, plus la table tient de place dans cette ligne. Les cantines scolaires et professionnelles suivent un chemin contraire, avec leur poids le plus fort en commune rurale, 21,5 % de la division, contre 15,2 % dans les grandes villes. L’hébergement, lui, reste entre 15,7 % et 18,8 % selon les groupes, sans direction nette.
La division 11 ne compte que les repas pris hors du domicile et les nuitées : les courses alimentaires relèvent d’une autre division, et le jardin d’agrément d’une autre encore. Comparer ces 6,1 % au budget jardin d’un ménage ligne à ligne n’aurait donc pas de sens ; le repère sert à situer deux usages possibles de la même somme. La division est aussi, dans le budget d’un foyer, l’un des postes qui progressent avec le niveau de vie, comme le logement, l’eau et l’énergie.
Pour un foyer installé en ville, ce poste est le premier candidat à l’allègement quand le budget se resserre, et il est aussi le plus difficile à réduire sans changer d’habitudes : ce que le potager retire du panier ne joue pas sur les repas pris dehors. Le même découpage de la commune de résidence appliqué aux dépenses de jardin donne la part du jardin dans la consommation : elle, décroît de la campagne vers Paris, à l’inverse de la restauration.