Aller au contenu principal

Retours sous 30 jours. Détails

Jarditips

45 % de l’eau prélevée en France refroidit les centrales électriques

Le premier usage de l’eau du pays, et celui qui la rend presque toute. Où les centrales prennent leur eau, ce qu’elles en font, et pourquoi trois sites pèsent à eux seuls les quatre cinquièmes du volume.

En bref

Quelle part de l’eau prélevée en France sert au refroidissement des centrales électriques ?

En 2023, le refroidissement des centrales électriques a prélevé 13,1 milliards de m³ d’eau douce en France métropolitaine, soit 45 % des volumes prélevés dans le pays. Plus de 95 % de cette eau est restituée au milieu naturel, à proximité du lieu de prélèvement. Trois sites nucléaires à circuit ouvert concentrent 84 % du volume.

13,1 Md m³
d’eau douce prélevés en 2023 pour refroidir les centrales électriques, soit 45 % des volumes prélevés en France métropolitaine

En 2023, la France a prélevé 29,4 milliards de m³ d’eau douce, hors production hydroélectrique. Le refroidissement des centrales électriques en a mobilisé 13,1 milliards de m³ en France métropolitaine, soit 45,2 % du volume total. C’est le premier usage de l’eau du pays, loin devant l’alimentation des canaux de navigation, 20 %, la production d’eau potable, 18 %, l’agriculture, 10 %, et les autres activités économiques, 7 %. L’eau sert à refroidir les centrales thermiques de production d’électricité, nucléaires ou à flamme.

45 %
des volumes d’eau prélevés en France en 2023 vont au refroidissement des centrales
13,1 Md m³
prélevés cette année-là en France métropolitaine, hors hydroélectricité
> 95 %
de cette eau est restituée au milieu naturel, en moyenne nationale

Ce que devient l’eau prélevée

C’est une eau qui traverse plus qu’elle ne disparaît. Plus de 95 % du volume prélevé, en moyenne nationale, est restitué au milieu naturel à proximité du lieu de prélèvement. Le détail dépend du système de refroidissement : en circuit ouvert, la quasi-totalité de l’eau repart à la rivière, à une température plus élevée que celle d’où elle vient ; en circuit fermé, une partie du volume s’évacue en vapeur par une tour aéroréfrigérante. L’échauffement maximal du milieu aquatique, après mélange, est encadré par la réglementation propre à chaque site, fixée par décision de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, et dépend de la période de l’année comme des conditions climatiques.

Trois sites portent les quatre cinquièmes du volume

La géographie est très concentrée. 84 % des prélèvements d’eau douce des centrales électriques proviennent, en 2023, des trois sites nucléaires équipés de circuits ouverts : le Tricastin dans la Drôme, Saint-Alban en Isère et le Bugey dans l’Ain. Le fonctionnement en circuit ouvert demande en effet, pour chaque kilowattheure produit, un volume d’eau en moyenne 20 fois supérieur à celui d’un circuit fermé. Le reste se répartit le long des fleuves et rivières qui portent les autres sites de production, d’abord le Rhône et la Loire, puis la Meuse, la Moselle, la Seine, la Vienne et la Garonne. Les volumes d’eau de mer ou d’eau saumâtre utilisés par les sites littoraux ne sont pas comptés dans ces chiffres.

ComparaisonÉvolution des prélèvements pour le refroidissement
2022 par rapport à 2021-7,6 %
2023 par rapport à 2022+0,2 %
2023 par rapport à 2010-24 %

France métropolitaine, hors production hydroélectrique. Après une baisse marquée en 2022, les prélèvements pour le refroidissement sont quasi stables en 2023 et restent nettement sous leur niveau de 2010. Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026.

La série est longue. Entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000, les prélèvements pour le refroidissement tournaient autour de 19 milliards de m³ par an. Ils diminuent en tendance depuis, et le recul tient largement au parc thermique à flamme : sa part dans les volumes prélevés est passée de 17 % en 2010 à 3,4 % en 2023. L’année 2023 illustre ce basculement, la hausse des prélèvements des centrales nucléaires ayant été compensée par la baisse de ceux des centrales thermiques. La centrale de Cordemais a ainsi prélevé 228 millions de m³ de moins qu’en 2022, quand le Tricastin en prélevait 436 millions de plus, après la remise en service de réacteurs. La production nucléaire reste toutefois inférieure à celle des années 2000, et les prélèvements d’eau douce pour cet usage demeurent parmi les plus bas enregistrés.

Ce que ça change pour votre jardin

À l’échelle du pays, ce poste ne retire presque rien au milieu, mais il puise dans les mêmes rivières, et l’été il y rejette une eau plus chaude. Les arrêtés en vigueur sont suivis dans Les restrictions d’eau par département, et le calculateur du besoin en eau d’arrosage chiffre les litres à apporter, mois par mois et par département. Les volumes réellement consommés, et pas seulement prélevés, sont détaillés dans Les consommations d’eau par usage en France, et la place de ce poste dans la baisse générale depuis 2008 dans L’évolution des prélèvements d’eau.

Source principale : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026. Les 13,1 milliards de m³ et les 45,2 % portent sur la France métropolitaine et excluent la production hydroélectrique. Données déclarées auprès des agences de l’eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre, enregistrées dans la BNPE, la banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, et traitées par le SDES.

Questions fréquentes

Les centrales électriques consomment-elles l’eau qu’elles prélèvent ?
Non, très peu. Plus de 95 % de l’eau prélevée, en moyenne nationale, est restituée au milieu naturel à proximité du lieu de prélèvement. La différence tient au système de refroidissement : un circuit ouvert rend la quasi-totalité de l’eau à la rivière, un circuit fermé en évacue une partie en vapeur par une tour aéroréfrigérante.
Où sont pris les prélèvements d’eau des centrales françaises ?
Dans les fleuves et les rivières qui portent les sites de production, d’abord le Rhône, qui réunit les trois centrales nucléaires à circuit ouvert, le Tricastin, Saint-Alban et le Bugey, puis la Loire, la Meuse, la Moselle, la Seine, la Vienne et la Garonne. Ces trois sites concentrent à eux seuls 84 % du volume prélevé pour le refroidissement en 2023.
Pourquoi les centrales prélèvent-elles moins d’eau qu’avant ?
Le recul tient surtout au parc thermique à flamme, dont la part dans les volumes prélevés est passée de 17 % en 2010 à 3,4 % en 2023. Les prélèvements pour le refroidissement tournaient autour de 19 milliards de m³ par an entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000 ; en 2023, ils sont inférieurs de 24 % à leur niveau de 2010.
L’eau rejetée par une centrale est-elle plus chaude ?
Oui. L’eau restituée à la rivière sort à une température plus élevée que celle prélevée, ce qui réchauffe le milieu après mélange. L’échauffement maximal autorisé est fixé site par site par décision de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, et dépend de la période de l’année et des conditions climatiques.

Sources

  1. SDES, Commissariat général au développement durable, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, volumes prélevés par usage et par ressource, séries depuis 2008, données 2023, publié le 17 juillet 2026, consulté le 27 septembre 2026.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

Dans le même hub

Voir tous les chiffres du jardin en France