En 2023, la France a prélevé 29,4 milliards de m³ d’eau douce, hors production hydroélectrique. Le refroidissement des centrales électriques en a mobilisé 13,1 milliards de m³ en France métropolitaine, soit 45,2 % du volume total. C’est le premier usage de l’eau du pays, loin devant l’alimentation des canaux de navigation, 20 %, la production d’eau potable, 18 %, l’agriculture, 10 %, et les autres activités économiques, 7 %. L’eau sert à refroidir les centrales thermiques de production d’électricité, nucléaires ou à flamme.
Ce que devient l’eau prélevée
C’est une eau qui traverse plus qu’elle ne disparaît. Plus de 95 % du volume prélevé, en moyenne nationale, est restitué au milieu naturel à proximité du lieu de prélèvement. Le détail dépend du système de refroidissement : en circuit ouvert, la quasi-totalité de l’eau repart à la rivière, à une température plus élevée que celle d’où elle vient ; en circuit fermé, une partie du volume s’évacue en vapeur par une tour aéroréfrigérante. L’échauffement maximal du milieu aquatique, après mélange, est encadré par la réglementation propre à chaque site, fixée par décision de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, et dépend de la période de l’année comme des conditions climatiques.
Trois sites portent les quatre cinquièmes du volume
La géographie est très concentrée. 84 % des prélèvements d’eau douce des centrales électriques proviennent, en 2023, des trois sites nucléaires équipés de circuits ouverts : le Tricastin dans la Drôme, Saint-Alban en Isère et le Bugey dans l’Ain. Le fonctionnement en circuit ouvert demande en effet, pour chaque kilowattheure produit, un volume d’eau en moyenne 20 fois supérieur à celui d’un circuit fermé. Le reste se répartit le long des fleuves et rivières qui portent les autres sites de production, d’abord le Rhône et la Loire, puis la Meuse, la Moselle, la Seine, la Vienne et la Garonne. Les volumes d’eau de mer ou d’eau saumâtre utilisés par les sites littoraux ne sont pas comptés dans ces chiffres.
| Comparaison | Évolution des prélèvements pour le refroidissement |
|---|---|
| 2022 par rapport à 2021 | -7,6 % |
| 2023 par rapport à 2022 | +0,2 % |
| 2023 par rapport à 2010 | -24 % |
France métropolitaine, hors production hydroélectrique. Après une baisse marquée en 2022, les prélèvements pour le refroidissement sont quasi stables en 2023 et restent nettement sous leur niveau de 2010. Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026.
La série est longue. Entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000, les prélèvements pour le refroidissement tournaient autour de 19 milliards de m³ par an. Ils diminuent en tendance depuis, et le recul tient largement au parc thermique à flamme : sa part dans les volumes prélevés est passée de 17 % en 2010 à 3,4 % en 2023. L’année 2023 illustre ce basculement, la hausse des prélèvements des centrales nucléaires ayant été compensée par la baisse de ceux des centrales thermiques. La centrale de Cordemais a ainsi prélevé 228 millions de m³ de moins qu’en 2022, quand le Tricastin en prélevait 436 millions de plus, après la remise en service de réacteurs. La production nucléaire reste toutefois inférieure à celle des années 2000, et les prélèvements d’eau douce pour cet usage demeurent parmi les plus bas enregistrés.
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À l’échelle du pays, ce poste ne retire presque rien au milieu, mais il puise dans les mêmes rivières, et l’été il y rejette une eau plus chaude. Les arrêtés en vigueur sont suivis dans Les restrictions d’eau par département, et le calculateur du besoin en eau d’arrosage chiffre les litres à apporter, mois par mois et par département. Les volumes réellement consommés, et pas seulement prélevés, sont détaillés dans Les consommations d’eau par usage en France, et la place de ce poste dans la baisse générale depuis 2008 dans L’évolution des prélèvements d’eau.
Source principale : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026. Les 13,1 milliards de m³ et les 45,2 % portent sur la France métropolitaine et excluent la production hydroélectrique. Données déclarées auprès des agences de l’eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre, enregistrées dans la BNPE, la banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, et traitées par le SDES.