La matière est le tableau TF106 de l’enquête Budget de famille, diffusé par l’INSEE en septembre 2020 et décrivant les dépenses de l’année 2017. Il répartit les ménages en déciles de niveau de vie : dix groupes de taille égale, des plus modestes aux plus aisés. Cette fiche suit la division 11, intitulée restauration et hôtels, qui réunit les services de restauration et les services d’hébergement. Chaque montant est rapporté à la consommation totale du même décile. Les pourcentages ne sont pas imprimés dans le document : nous les obtenons en rapportant deux lignes publiées l’une à l’autre.
Une part qui double quand le budget triple
| Niveau de vie | Consommation totale | Restauration et hôtels | Part |
|---|---|---|---|
| Décile 1 | 16 123 € | 851 € | 5,3 % |
| Décile 2 | 18 322 € | 939 € | 5,1 % |
| Décile 3 | 20 071 € | 1 000 € | 5,0 % |
| Décile 4 | 22 638 € | 1 373 € | 6,1 % |
| Décile 5 | 23 787 € | 1 524 € | 6,4 % |
| Décile 6 | 27 081 € | 1 766 € | 6,5 % |
| Décile 7 | 29 059 € | 1 969 € | 6,8 % |
| Décile 8 | 32 645 € | 2 338 € | 7,2 % |
| Décile 9 | 35 867 € | 3 011 € | 8,4 % |
| Décile 10 | 48 353 € | 4 928 € | 10,2 % |
| Ensemble des ménages | 27 408 € | 1 972 € | 7,2 % |
Montants annuels moyens par ménage, en euros de 2017, classés du premier au dixième décile ; la ligne des ménages pris ensemble est mise en avant. La dernière colonne rapporte la dépense de la division 11 au total de la même ligne. Chiffres : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF106.
La part gagne 4,9 points entre les deux extrémités, de 5,3 % à 10,2 %, alors que le budget total, lui, triple à peine. La montée n’est pas régulière pour autant : la part recule d’abord légèrement, de 5,3 % au premier décile à 5,0 % au troisième, son point le plus bas, puis progresse sans interruption jusqu’au dernier. Un ménage du troisième décile met donc proportionnellement moins dans les restaurants et les hôtels que le plus modeste des dix.
Des cantines qui perdent du poids au profit de l’hébergement
| Poste de la division 11 | Premier décile | Part au premier décile | Dernier décile | Part au dernier décile |
|---|---|---|---|---|
| Restaurants et cafés | 424 € | 49,8 % | 2 499 € | 50,7 % |
| Cantines | 258 € | 30,3 % | 615 € | 12,5 % |
| Services d’hébergement | 88 € | 10,3 % | 1 071 € | 21,7 % |
| Autres dépenses de restauration | 81 € | 9,5 % | 744 € | 15,1 % |
Dépense annuelle moyenne par ménage en 2017 pour les quatre postes de la division, et part de chaque poste dans les 851 euros du premier décile puis dans les 4 928 euros du dernier. Chiffres : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF106.
Le poids des cantines tombe de 30,3 % à 12,5 % de la division. Leur montant monte pourtant, de 258 à 615 euros, mais deux fois et demie seulement, quand l’ensemble de la division est multiplié par 5,8. L’hébergement fait le chemin inverse : 88 euros au premier décile, 1 071 au dernier, soit douze fois plus, et sa part passe de 10,3 % à 21,7 %. Les restaurants et les cafés, eux, tiennent leur rang, autour de la moitié de la division à tous les niveaux de vie. Le poids des cantines se lit aussi par composition du foyer, où elles portent l’essentiel de l’écart entre un couple avec enfants et une personne seule.
À l’intérieur de cette ligne des restaurants et cafés, le partage se retourne. Dans le premier décile, les repas pris dans un café, un bar ou un assimilé pèsent 274 euros contre 150 euros pour ceux pris dans un restaurant. Dans le dernier décile, l’ordre s’inverse nettement : 1 691 euros au restaurant, 808 euros au café ou au bar. La même division ne recouvre donc pas la même pratique selon le niveau de vie : cantines et comptoirs en bas de l’échelle, table et nuitée en haut.
Reste à situer la division. Dans le budget d’un foyer, elle pèse moins que le logement, l’eau et l’énergie ou que l’alimentation, dont la part recule au fur et à mesure que le niveau de vie monte. Elle appartient au petit groupe de postes qui progressent avec le budget, comme le jardin. Pour un foyer qui cherche à réduire cette ligne, ce que le potager retire du panier ne joue pas sur les repas pris dehors, mais le budget jardin d’un ménage montre l’autre usage possible de la même somme.
Repères. Les euros sont ceux de 2017 et représentent une moyenne par ménage sur l’année, arrondie ; les pourcentages, eux, sont calculés, ce qui peut décaler le dernier dixième. Un repas d’affaires, une nuit d’hôtel et un déjeuner à la cantine scolaire tombent dans la même division : elle ne compte pas seulement les sorties au restaurant. Les déciles partagent l’ensemble de la population, pas les seuls jardiniers. Enfin, ces montants décrivent une année précise, publiée en septembre 2020, avant l’inflation des années 2020 : ils comparent les ménages entre eux à une date donnée.