La Réunion a connu en 2025 sa seconde épidémie de chikungunya de grande ampleur, vingt ans après celle de 2005-2006, qui avait touché 250 000 personnes, soit 38 % de la population. Le bilan publié par Santé publique France dans les résultats de l’enquête de séroprévalence du chikungunya à La Réunion chiffre l’épisode de 2025 à 54 250 cas confirmés biologiquement, 195 800 consultations estimées en médecine de ville et près de 3 000 passages dans un service d’urgence hospitalier.
Après l’épidémie, une immunité élevée
L’enquête de séroprévalence menée entre août et novembre 2025 sur 1 565 échantillons sanguins estime à 66,0 % la part de la population réunionnaise porteuse d’anticorps contre le chikungunya. L’immunité varie selon les arrondissements, de 58,1 % au Nord à 74,3 % à l’Ouest. Un peu moins de la moitié de ce résultat, 46 %, est attribuable à l’épidémie de 2025, le reste venant de l’immunité résiduelle de 2005-2006, estimée à 20 % en ordre de grandeur. Les auteurs en concluent un faible risque de nouvelle épidémie d’ampleur pendant l’été austral 2025-2026, sans exclure des cas sporadiques ou des foyers localisés.
2026, la circulation se déplace vers Mayotte et la Guyane
| Territoire | Chikungunya | Dengue |
|---|---|---|
| La Réunion | 58 cas confirmés, aucun depuis la semaine 36 | 347 cas confirmés, circulation sporadique |
| Mayotte | 1 389 cas confirmés, aucun nouveau en semaine 27 | 9 cas confirmés |
| Guyane | 1 912 cas confirmés au 13 septembre | circulation faible sur tout le territoire |
Cas confirmés de chikungunya et de dengue depuis le début de l’année 2026, selon les bulletins régionaux de Santé publique France.
À La Réunion, l’épisode est terminé. Le bulletin régional de Santé publique France pour La Réunion arrête au 20 septembre 2026 un cumul de 58 cas confirmés de chikungunya depuis le début de l’année, sans aucun cas depuis la semaine 36, et 347 cas confirmés de dengue sur la même période, à raison de 1 à 2 cas par semaine. Les deux virus y sont décrits comme circulant de façon sporadique.
Mayotte, une épidémie qui a culminé en semaine 16
À Mayotte, le bulletin régional du 10 juillet 2026 recense 1 389 cas de chikungunya confirmés biologiquement depuis le début de l’année 2026, après un pic épidémique atteint en semaine 16 et une décrue continue depuis. Aucun nouveau cas n’a été enregistré en semaine 27, et la dengue reste très limitée, avec 9 cas confirmés depuis le début de l’année.
Le profil des cas confirmés est marqué par une prédominance féminine, 58 % de femmes, et par une concentration chez les adultes d’âge actif : les 25-44 ans représentent 36 % des cas et les 45-64 ans 26 %, soit près des deux tiers à eux deux. Les moins de 5 ans et les 65 ans et plus comptent chacun 6 % des cas enregistrés.
La Guyane, une circulation active mais inégale selon les secteurs
En Guyane, le chikungunya est apparu fin janvier 2026. Le bulletin arboviroses du 17 septembre 2026 compte 1 912 cas confirmés biologiquement au 13 septembre, dont 34 pour la seule semaine 37. La dynamique reste hétérogène : les secteurs du Littoral Ouest et des Savanes sont en épidémie, l’Île de Cayenne en phase de foyers épidémiques, le Maroni en transmission sporadique, et l’Intérieur, l’Intérieur Est et l’Oyapock en veille épidémiologique. La dengue, elle, circule faiblement sur tout le territoire.
Le premier classement provisoire des cas hospitalisés retient 79 % de formes communes, 11 % de formes inhabituelles et 9 % de formes sévères. L’âge médian des cas confirmés est de 36 ans, contre 27 ans chez les personnes hospitalisées, et 16 % des cas confirmés ont 60 ans ou plus.
Aux Antilles, la dengue en veille
Dans les Antilles, c’est la dengue qui occupe la surveillance. Le bulletin arboviroses édition Antilles du 10 septembre 2026 place la Martinique en phase 2.1 du programme de surveillance, d’alerte et de gestion des épidémies, celle des foyers épidémiques isolés, avec une quarantaine de cas cliniquement évocateurs par semaine en moyenne sur les quatre dernières semaines et une moyenne de 10 cas confirmés par semaine. La Guadeloupe reste en phase 1, celle des cas sporadiques, avec une dizaine de cas cliniquement évocateurs par semaine et 5 cas confirmés sur quatre semaines. À Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, aucun cas confirmé n’a été identifié sur les quatre dernières semaines, la situation y est calme depuis mai 2026.
Le moustique, maillon sur lequel tout repose
Ces virus se transmettent par un moustique urbain, qui pond dans les petites collections d’eau entretenues autour des habitations. Aux Antilles, le bulletin de Santé publique France désigne le moustique Aedes aegypti, vecteur de la dengue et du chikungunya, et rappelle que la destruction des gîtes larvaires aux abords des maisons est indispensable à la lutte, des foyers épidémiques intrafamiliaux ayant été identifiés en Guadeloupe. En métropole, c’est le moustique tigre qui joue ce rôle, implanté dans 83 des 96 départements au 1er janvier 2026 selon Santé publique France.
- Vider les soucoupes, les seaux, les bâches et les gouttières bouchées : ce sont les gîtes où les larves se développent.
- Couvrir les réservoirs et les récupérateurs d’eau de pluie, pour que la surface de l’eau ne reste pas libre.
- Installer une moustiquaire aux fenêtres et aux portes des pièces à vivre.
- Utiliser un répulsif et des vêtements couvrants, en particulier dans les secteurs où la circulation virale est active.
Ce travail de suppression des eaux stagnantes se mène d’abord au jardin, où les contenants ne manquent pas. Le rayon moustiquaire rassemble les modèles de fenêtre et de porte, et la fiche Ce que l’arrosage consomme au jardin donne les volumes stockés et manipulés dans un jardin arrosé.